La marche de ’’Wattu Senegaal’’ empêchée, la police disperse des manifestants
APS
SENEGAL-LEGISLATIVES-CAMPAGNE

La marche de ’’Wattu Senegaal’’ empêchée, la police disperse des manifestants

Dakar, 25 juil (APS) - Le calme revenait en fin d’après-midi à la Place de l’Indépendance, à Dakar, où de jeunes partisans de l’ancien président Abdoulaye Wade avaient été dispersés un peu plutôt par des policiers décidés à empêcher la tenue d’une marche à l’initiative de l’ex-chef d’Etat, ont rapporté plusieurs médias, mardi soir.

L’ancien président de la République, leader national de la Coalition gagnante/"Wattu Senegaal", comptait organiser cette marche, dans le cadre de sa campagne pour les élections législatives de dimanche prochain.

Il avait appelé ses militants, la semaine dernière, à protester, mardi, à la Place de l’Indépendance, contre les lenteurs notées dans la distribution des cartes d’électeur.

Selon la coalition dont Abdoulaye Wade est la tête de liste nationale, la distribution de ces cartes est l’objet d’une rétention de la part des services du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

Elle accuse aussi ce ministère de distribuer les cartes d’électeur de manière sélective.

Les forces de l’ordre avaient fini de quadriller le centre-ville bien avant 16 heures, heure indiquée pour la marche. Les policiers surveillaient les allées et venues, empêchant de fait l’ancien président et ses partisans d’arriver à leur fin, selon plusieurs radios locales.

Certains manifestants, des jeunes notamment, ont tenté malgré tout de résister et de se faire entendre par des slogans favorables à Karim Wade, le fils du leader national de la Coalition gagnante/"Wattu Senegaal".

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser, alors que l’ancien président s’adressait à la presse sur une autre place dakaroise, loin de ces échauffourées.

Il dit avoir prévu, avec les responsables de sa coalition, le scenario suivant lequel ils seraient empêchés de marcher par les forces de l’ordre, auquel cas il avait été retenu qu’ils rebrousseraient chemin.

Abdoulaye Wade est revenu sur "l’arrêté Ousmane Ngom", du nom de son dernier ministre de l’Intérieur, un arrêté voté en 2011 sous son magistère.

Il estime que cette disposition fait actuellement l’objet d’une "mauvaise interprétation", son esprit n’étant pas d’interdire toute marche sur telle ou telle place du centre-ville dakarois.

Parlant des griefs de l’opposition contre le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, M. Wade a décrété l’échec d’Abdoulaye Daouda Diallo, à partir du moment où celui-ci reconnait que 30% des cartes d’électeur ne pourraient être distribuées à temps avant les élections.

"Le ministre doit lui-même en tirer les conséquences et démissionner", a-t-il dit. Abdoulaye Wade affirme que sa coalition n’appelle pas pour autant à un report des élections.

Il dit être sûr de la victoire de son camp à l’état actuel des choses, même si "10 cartes" d’électeur seulement étaient disponibles.

Toutes les nouvelles cartes nationales d’identité ne pourront pas être délivrées avant les élections législatives de dimanche, a confirmé lundi le président de la Commission électorale nationale autonome, Doudou Ndir, à la fin d’une rencontre avec le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo.

Les Sénégalais vont élire 165 députés dimanche prochain. Quinze des futurs élus vont représenter les Sénégalais vivant à l’étranger.

Mais de nombreux électeurs inscrits auprès des commissions administratives mises en place par le ministère de l’Intérieur ne parviennent pas à se faire délivrer la carte d’électeur et la carte nationale d’identité, avec lesquelles ils sont censés voter.

La carte d’électeur est délivrée en même temps que la nouvelle carte nationale d’identité biométrique instituée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), que le Sénégal, l’un des 15 pays membres de cette organisation, a été le premier à délivrer à ses citoyens.

BK/ESF