L’immunité parlementaire de Khalifa Sall levée par les députés
APS
SENEGAL-JUSTICE-POLITIQUE

L’immunité parlementaire de Khalifa Sall levée par les députés

Dakar, 26 nov (APS) - Les députés de la 13e législature, réunis en séance plénière, ont levé, samedi soir, l’immunité parlementaire de leur collègue Khalifa Sall, a constaté l’APS.
 
 
Au total, 125 députés contre 23 ont voté pour l’adoption des conclusions de la Commission ad hoc chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité parlementaire du député-maire de Dakar. 
 
Khalifa Sall est maintenu en détention depuis mars dernier, à Rebeuss pour des malversations présumées portant sur 1,8 milliard de francs CFA dans le cadre de la gestion de la "caisse d’avance" de la municipalité de la capitale.
 
Il est élu député aux élections législatives de juillet dernier pour le compte de la coalition "Mankoo Wattu Senegaal", dont il était la tête de liste nationale. 
 
La conférence des présidents de l’Assemblée nationale qui s’était réunie vendredi avait fixé au samedi la date de la plénière pour la levée de l’immunité parlementaire du député Khalifa Babacar Sall. 
 
La séance a démarré par la lecture du rapport de 11 pages de la commission ad hoc faite par son rapporteur, Seydou Guèye.
 
Au terme de la lecture, les députés de l’opposition, notamment Aïda Mbodj, ont souhaité immédiatement prendre la parole pour marquer leur désaccord et "demander l’ajournement du débat en cours du fait qu’aucune disposition n’a été prise pour permettre à Khalifa Sall de se défendre".
 
Le Président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse a refusé de leur donner la parole expliquant que "le règlement intérieur de l’institution ne le permettait pas".
 
Malgré la perturbation des députés par Aïda Mbodj, Mamadou Diagne Fada, Mamadou Diop Decroix, Madické Niang et autres, Moustapha Niasse a donné la parole au président de la commission ad hoc, Aymérou Gningue.
 
Ce dernier qui n’a pas pu terminer son discours parce que perturbé a soutenu que le "débat ne peut pas être ajourné puisque la commission a déjà fait sa conclusion".
 
A sa suite, comme l’indique la loi, selon Moustapha Niasse, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, représentant du gouvernement a pris la parole. Il s’est difficilement exprimé devant le vacarme créé par les députés de l’opposition.
 
A la fin de son discours, le président de l’Assemblée nationale a demandé au président du groupe parlementaire Liberté et Démocratie, Madické Niang de donner le nom du député choisi pour prendre la défense de Khalifa Sall puis que le mis en cause est absent.
 
"Notre collègue considère que la procédure ne respecte pas ses droits c’est pourquoi il ne désignera pas de défenseur par contre notre collègue Cheikh Bamba Dièye parlera comme député qui s’oppose", a-t-il dit.
 
"Je soumets à la plénière, un contre-projet présenté pour lever l’immunité parlementaire de Khalifa Sall. Je demande le renvoi de la question à la commission ad hoc pour un examen au fond jusqu’à ce que les conditions de l’audition de notre collègue soient organisées", a dit Cheikh Bamba Dièye.
 
Sa motion préjudicielle portée au vote a été rejetée par l’Assemblée nationale qui, par la suite, a adopté des conclusions de la Commission ad hoc chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité parlementaire du député Khalifa Sall. 
 

SK/PON