El Hadji Ibrahima Sall :
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SENEGAL-POLITIQUE

El Hadji Ibrahima Sall : "Il faut changer les usages, les visages et les pratiques de la classe politique"

Dakar, 2 juil (APS) – L’opposant El Hadji Ibrahima Sall, invité de l’émission "Grand Jury" de la Radio futurs médias (RFM), s’est prononcé dimanche pour un renouvellement du personnel politique sénégalais qui tienne compte de l’âge des acteurs, des "usages, des visages et des pratiques".

 
"Nous avons besoin de projeter notre pays dans l’avenir. Et ma conviction personnelle, c’est que cette projection se fera avec les jeunes", a d’abord dit M. Sall. 
 
"On ne peut pas gouverner un pays où les jeunes représentent 75% de la population avec une gérontocratie. (…) Il faut renouveler la classe politique. Il faut la renouveler en termes d’âges, de visages, d’usages et de pratiques", a-t-il ajouté. 
 
El Hadji Ibrahima Sall, leader du parti "Demain la République", économiste de formation et ancien ministre du Plan (1998-2000), préconise par ailleurs "une société nouvelle, dans laquelle la politique ne servira pas à réussir vite sans travailler". "Je me bats pour cet idéal", a-t-il dit à la RFM.
 
Contrairement à une certaine conception de la politique, a ajouté M. Sall, "la finalité d’un parti n’est pas de participer aux élections, comme on dit souvent". "Le but d’un parti politique, c’est d’élever la conscience citoyenne. Il faut que les partis politiques existent à travers des idées et des programmes." 
 
"Vous ne savez pas ce que pensent ces partis-là de quoi que ce soit. Sur les 47 listes (en lice pour les législatives du 30 juillet, Ndlr), rares sont celles qui ont des positions de principe sur les grandes questions qui concernent notre pays. Vous avez des partis politiques qui ne parlent pas, des hommes politiques qui ne prennent pas position", a soutenu El Hadji Ibrahima Sall.
 
Il estime que "le jour où il y aura des hommes politiques engagés et désintéressés, il y aura moins de listes aux élections". 
 
M. Sall appelle par ailleurs à la suppression des "privilèges" des hommes politiques. Si les "avantages" octroyés à ces derniers sont réduits, "les gens (les hommes politiques, Ndlr) auront moins de voitures, moins de bons d’essence, moins de sacs de riz, moins de privilèges, et les partis politiques disparaîtront d’eux-mêmes", a-t-il martelé.
 
"La question essentielle, c’est celle des privilèges des hommes politiques qu’il faut réduire. Tant qu’on ne fait pas cela, notre pays n’avancera pas", a soutenu M. Sall.

ESF