Amsatou Sow Sidibé :
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Amsatou Sow Sidibé : "L’Etat est en train de créer les conditions d’un vote possible même avec un papier journal"

Ziguinchor, 25 juil (APS) - La décision du président de la République Macky Sall de saisir le Conseil constitutionnel sur la possibilité de permettre aux citoyens de voter avec des documents autres que la carte d’électeur vise à créer les conditions d’un vote ’’même avec un papier journal", soutient la tête de liste nationale de la coalition "La troisième voie politique/Eutou Askan Wi", le professeur Amsatou Sow Sidibé.
 
"A propos des cartes, nous ne pouvons pas comprendre qu’un budget de 50 milliards de francs CFA n’a pu servir à rien du tout. On n’a jamais vu cela. C‘est une grosse catastrophe, une grande cacophonie et un énorme désordre. Tout est en train d’être fait pour que le vote soit possible même avec un papier journal", a accusé Mme Sidibé.
 
Après une suspension de trois jours de sa campagne électorale suite au décès de son garde du corps, Amsatou Sow Sidibé a repris son travail de terrain avec l’étape de Ziguinchor où elle battait campagne mardi.
 
Le chef de l’Etat, Macky Sall, a saisi le Conseil constitutionnel "sur la possibilité que les électeurs n’ayant pu retirer leur carte d’électeur puissent voter aux élections législatives du 30 juillet 2017" avec d’autres documents dont la carte d’identité nationale numérisée.
 
Si le Conseil constitutionnel en donne l’autorisation, les électeurs peuvent ainsi s’acquitter de leur devoir civique avec l’un quelconque de ces autres documents : carte d’identité nationale numérisée, carte d’électeur numérisée, passeport, permis de conduire, ou encore un document d’immatriculation pour les "primo-inscrits" non détenteurs d’un des quatre premiers documents administratifs déjà indiqués.
 
"C’est un début de fraude qui va s’installer (…), tous ces problèmes liés au retrait de la carte d’électeur. C’est l’incompétence notoire ou le sabotage. Ce sont même les deux à la fois", a commenté la tête de liste nationale de la coalition "Troisième voie politique/Eutou Askan Wi".
 
"Quand on était à l’étape de la révision du code électoral, on avait averti’’ sur cette question, "parce qu’on ne comprenait pas cette vitesse avec laquelle l’Etat a confectionné les cartes d’identité biométriques CEDEAO". 
 
"La volonté de frauder est manifeste", a-t-elle poursuivi, en présence de plusieurs de ses militants.
 
Toutes les nouvelles cartes nationales d’identité ne pourront pas être délivrées avant les élections législatives de dimanche, a indiqué lundi le président de la Commission électorale nationale autonome, Doudou Ndir, à la fin d’une rencontre avec le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo.
 
Les Sénégalais vont élire 165 députés dimanche prochain. Quinze des futurs élus vont représenter les Sénégalais vivant à l’étranger.
 
Mais de nombreux électeurs inscrits auprès des commissions administratives mises en place par le ministère de l’Intérieur retournent chez eux sans la carte d’électeur et la carte nationale d’identité, avec lesquelles ils sont censés voter.
 
La carte d’électeur est délivrée en même temps que la nouvelle carte nationale d’identité biométrique instituée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), que le Sénégal, l’un des 15 pays membres de cette organisation, a été le premier à délivrer à ses citoyens.
 

MTN/BK