Afghanistan : l’UNESCO appelle à garantir le droit à l’éducation ’’sans discrimination’’
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Afghanistan : l’UNESCO appelle à garantir le droit à l’éducation ’’sans discrimination’’

Dakar, 18 août (APS) - L’UNESCO appelle à garantir le droit à l’éducation en Afghanistan sans discrimination, sa directrice générale, Audrey Azoulay considérant que l’avenir de ce pays dépend des femmes.

"L’UNESCO appelle à garantir le droit à l’éducation sans aucune discrimination. Les étudiants, les enseignants et autres personnels de l’éducation doivent avoir accès à des environnements sûrs. Les filles et les femmes, en particulier, doivent continuer à apprendre et à enseigner sans aucune restriction", peut-on lire dans un communiqué reçu mercredi de l’organisation onusienne. 
 
"Les importants progrès réalisés dans le pays, notamment en matière d’éducation, ne doivent pas être perdus. L’éducation doit se poursuivre pour les filles et les femmes. L’avenir de l’Afghanistan dépend d’elles", a déclaré la DG de l’UNESCO, citée dans le communiqué.
 
Le texte rappelle que depuis 1948, l’UNESCO fournit une assistance technique pour renforcer l’éducation en Afghanistan où elle a investi dans la politique éducative, en particulier pour l’éducation des filles, par l’intermédiaire de son bureau à Kaboul, la capitale afghane.
 
"À travers la plus grande campagne d’alphabétisation de l’histoire" de l’UNESCO, "1,2 million d’Afghans, dont 800 000 femmes, ont été touchés. Plus récemment, l’UNESCO a soutenu les efforts visant à faire face à la pandémie de COVID-19, en aidant le système éducatif à promouvoir un retour à l’école en toute sécurité, tout particulièrement pour les filles", note le communiqué.
 
"L’éducation est un droit fondamental indispensable à l’exercice des autres droits de l’homme et au développement de l’Afghanistan. Il l’est encore plus en cette période critique", ajoute le communiqué, en allusion à la nouvelle donne politique dans ce pays. 
 
Après seulement quelques semaines de combats au début de l’été 2021, les talibans ont pris le contrôle de la quasi-totalité du pays. Kaboul, la capitale, est tombé le 15 août dernier aux mains de ce mouvement fondamentaliste armé œuvrant en Afghanistan et au Pakistan depuis octobre 1994. 
 
Le mouvement avait déjà conquis Kaboul en 1996 et y avait instauré le régime de l’Émirat islamique d’Afghanistan de 1996-2001 avec à sa tête le mollah Mohammad Omar. 
 
Il ne contrôlera toutefois jamais l’intégralité du pays et sera renversé par l’intervention de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) en 2001 contre qui il mènera une guérilla. 
 
Le retour au pouvoir des talibans à Kaboul a plongé ce pays dans l’incertitude et réveillé en Europe la peur d’une crise migratoire similaire à celle qui a fait trembler le continent en 2015, avec l’afflux de millions de personnes fuyant les conflits au Proche-Orient et transitant par la Turquie.
 
L’idéologie des taliban se caractérise par un rejet de l’éducation à la manière occidentale et une interprétation rigoriste des préceptes de l’islam se traduisant par un rôle plus traditionnaliste réservé aux femmes.
 
"Face à l’évolution rapide de la situation en Afghanistan, la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a déclaré que « rien ne doit entraver le droit fondamental à l’éducation, en particulier pour les filles et les femmes »", assurant que l’UNESCO "ne ménagera aucun effort pour soutenir tous les Afghans afin de garantir leur droit à l’éducation", selon ses services.

BK/ASG