Abdoulaye Bamba Diallo retrace l’histoire politique récente avec le duel Macky-Idy en toile de fond
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Abdoulaye Bamba Diallo retrace l’histoire politique récente avec le duel Macky-Idy en toile de fond

Dakar, 25 oct (APS) - Le livre du journaliste Abdoulaye Bamba Diallo, "Macky-Idy : la haine, rira bien qui tuera l’autre", présenté comme "le premier d’une trilogie entièrement consacrée à l’histoire politique contemporaine du Sénégal", revient largement sur les rôles joués durant le règne du président Wade par Idrissa Seck, Macky Sall et Karim Wade, sur fond de rivalité entre les deux anciens Premiers ministres durant cette période.

Son auteur, ancien directeur de publication de l’hebdomadaire "Nouvel Horizon", divise cette histoire contemporaine en "deux grandes périodes d’accélération et de basculement". 
 
La première correspond aux élections présidentielles et législatives de février 1988, la seconde à celles présidentielles de février 1993 et législatives de mai suivant. Après ces évènements politiques majeurs, souligne Abdoulaye Bamba Diallo, il y a un changement radical du cours de l’histoire du Sénégal.
 
Outre l’adoption d’un code électoral consensuel par la majorité politique, cette période a été marquée par l’achèvement complet de la désenghorisation, par le président Abdou Diouf. Ce dernier n’a plus alors autour de lui que des "dioufistes" venus de la gauche sénégalaise, et des grands commis de l’Etat et hauts fonctionnaires de l’administration publique.
 
Signe du climat tendu lors de la présidentielle de 1993, le nouveau président du Conseil constitutionnel, Kéba Mbaye, démissionne au lendemain de la présidentielle, et cela, avant même la proclamation provisoire des résultats.
 
La tension atteindra son sommet au mois de mai suivant, avec l’assassinat du vice-président du Conseil constitutionnel, Babacar Sèye, à l’occasion des législatives découplées pour la première fois avec la présidentielle. 
 
Cet évènement va marquer le point de départ d’un tournant décisif dans l’histoire politique. "Rien ne sera plus comme avant au Sénégal. C’est le début de la fin pour les socialistes héritiers du BDS de Senghor", écrit le journaliste. 
 
Il affirme qu’avec le septennat entamé par le président Abdou Diouf en 1993, son dernier à la tête de l’Etat, débute "un crépuscule" marqué aussi par la fin des 40 ans d’hégémonie socialiste.
 
"L’aube du pouvoir Sopi en mars 2000 installe l’Alernance dans nos mœurs politiques et couronne de manière admirable le combat politique de Maître Abdoulaye Wade. […] Une ambition politique venait de triompher, même si c’était l’automne du patriarche qui en était l’incarnation", analyse encore l’auteur.
 
Le scénario n’est toutefois pas écrit d’avance, remarque l’ancien patron de ’’Nouvel Horizon’’ selon qui "le pays allait voir sortir de l’ombre de ce vieil homme de 74 ans, des jeunes loups politiques comme Idrissa Seck, Modou Diagne Fada, Macky Sall mais aussi d’anciens disciples comme Ousmane Ngom, Jean-Paul Dias, Serigne Diop, etc."
 
Mais, au bout du compte, c’est Idrissa Seck, Karim Wade et Macky Sall qui vont sortir du lot, note l’auteur dont le livre revient largement sur les rôles des deux anciens Premiers ministres et de Karim Wade, durant le règne de Wade.
 
Dans la quatrième de couverture, l’auteur annonce "un ultime et mortel combat entre Macky Sall et Idrissa Seck", le 24 février 2019, lors du premier tour de la présidentielle. "Ces deux héritiers de Me Abdoulaye Wade s’affrontent depuis plusieurs années, d’abord d’une manière feutrée, ensuite d’une façon beaucoup plus directe depuis la survenue de l’alternance du 25 mars 2012", rappelle-t-il.
 
De l’avis du journaliste, l’actuel locataire du palais de l’avenue Léopold Sedar Senghor n’a pas le droit à l’erreur. Selon lui, "une défaite lui est interdite car il incarnerait alors le personnage du président à n’avoir su faire se réélire pour un second mandat". 
 
Quant à Idrissa Seck, prévient-il, il "sait que si février 2019 lui est défavorable, il devra donc faire le deuil de ses ambitions et céder la place à d’autres".
 
Pour Karim Wade, dépeint comme celui qui aurait tiré toutes les ficelles sur la succession de l’ex-président de la République, l’auteur estime que "le réalisme lui commande plutôt d’être froid et pragmatique comme son père qui, lui, sait bien qu’entre deux maux, il faut choisir le moindre".
 
"Qui de Macky ou d’Idy lui assure la meilleure garantie pour son futur ? C’est le seul deal raisonnable, responsable et possible pour lui. Il n’a qu’une carte à jouer : choisir entre Idy et Macky", martèle Abdoulaye Bamba Diallo en rappelant que l’intéressé ne peut être candidat à la prochaine présidentielle.


ASG/BK