Le potentiel et les risques de l’Afrique justifient le ’’Compact With Africa’’, selon un ministre allemand
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Le potentiel et les risques de l’Afrique justifient le ’’Compact With Africa’’, selon un ministre allemand

Dakar, 12 juin (APS) - Le continent africain "joue un rôle crucial pour l’économie mondiale, tant par son potentiel que pour les risques qu’il représente", a souligné le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, au sujet de l’organisation de la grande conférence organisée lundi et mardi, à Berlin, pour faire avancer l’initiative baptisée "Compact With Africa".
 
Cette initiative, inscrite au cœur de la présidence allemande du G20, ne prévoit pas d’aide financière, mais elle vise à attirer les investisseurs vers l’Afrique en encourageant les pays partenaires à améliorer leur cadre réglementaire et juridique.
 
Le continent africain "joue un rôle crucial pour l’économie mondiale, tant par son potentiel que pour les risques qu’il représente. Cette initiative rencontre un écho très positif parmi les pays africains. Elle est de long terme et restera à l’agenda du G20, car l’Argentine, qui en aura la présidence après nous, s’est engagée à la poursuivre", a expliqué le ministre allemand des Finances dans un entretien publié sur le site Internet du quotidien français Le Monde.
 
"Ces dernières années, nous avons senti combien les risques géopolitiques liés au développement économique étaient d’une importance capitale. C’est particulièrement vrai concernant l’Afrique", a-t-il dit.
 
M. Schäuble précise que "le sens de ce projet n’est pas d’adopter un nouvel instrument financier pour l’Afrique", mais d’"encourager les investissements privés sur le continent".
 
"Il s’agit, d’un côté, de lister les besoins de développement et d’aider à identifier les projets utiles. De l’autre, il faut créer les conditions d’un cadre réglementaire et juridique propice aux affaires. C’est le préalable à tout investissement privé et il revient aux Etats africains (…) de mettre de l’ordre dans leurs appareils d’Etat", a-t-il détaillé. 
 
Selon lui, ces objectifs sont poursuivis "en coopération étroite avec les pays africains, mais aussi les institutions multilatérales comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou le Fonds monétaire international. Tout est sur la base du volontariat, nous n’imposons rien. C’est important car l’époque coloniale n’est pas si éloignée dans les esprits".
 
"Le G20 n’est pas une enceinte pour mettre en place des aides financières. Il existe pour celles-ci d’autres canaux, comme la coopération ou l’aide publique au développement (…). Bien sûr, l’Afrique a besoin d’argent public pour développer notamment ses infrastructures. Mais on peut aussi changer beaucoup de choses avec les investissements privés", a souligné Wolfgang Schäuble.
 
"D’ailleurs, a poursuivi le ministre allemand des Finances, tous nos partenaires européens soutiennent beaucoup ce projet. Nous coopérons aussi avec la Chine, l’Inde, l’Indonésie ou l’Afrique du Sud, qui joue un rôle de médiateur. Pour le reste du monde, l’Afrique doit être un espace de coopération, non de compétition".
 
Les pays africains "postulent eux-mêmes" à cette initiative, affirme-t-il. "C’est ouvert à tout le monde et personne n’est contraint. Nous avons déjà sept pays qui y participent : le Maroc, la Tunisie, le Rwanda, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Éthiopie. Et trois autres réfléchissent à se porter candidats", a signalé Wolfgang Schäuble.
 
Il estime que l’action des premiers pays africains impliqués "doit être un succès". "S’ils réussissent à obtenir des résultats concrets favorables à leur développement, note M. Schäuble, ils serviront d’exemple et donneront à d’autres l’envie d’emprunter la même voie".
 
"Si nous ne parvenons pas à créer les conditions pour stabiliser l’Afrique, les problèmes se multiplieront. Le reste du monde devra en assumer les répercussions, notamment l’Europe", a-t-il fait valoir. 
 
"En Allemagne, a conclu l’officiel allemand, la crise migratoire nous a ouvert les yeux. Il faut refuser l’inertie et prendre notre part de responsabilité dans un monde de plus en plus intégré. Nous qui sommes aujourd’hui plus forts, politiquement et économiquement, que d’autres parties du monde, nous devons proposer notre aide".
 
Le président Macky Sall a participé, lundi, à Berlin (Allemagne), à cette réunion consacrée au "Compact G20 pour l’Afrique", une rencontre qui se tient à un mois du sommet des 20 pays les plus industrialisés du monde, que l’Allemagne va accueillir en juillet prochain à Hambourg.
 
Le dirigeant sénégalais est invité à cette rencontre par la chancelière allemande, Angela Merkel, qui assure actuellement la présidence du G20, selon un communiqué du Pôle de communication de la présidence du Sénégal.


BK/ESF