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"Les droits longuement acquis menacés" (Antonio Guterres)

Dakar, 24 sept (APS) - Le secrétaire général (SG) des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré mardi que la communauté internationale est aujourd’hui dans "une phase critique" marquée par des menaces sur les "droits longuement acquis".
 
"Les peuples doivent jouir de libertés fondamentales que chaque pays a promis de faire respecter. Pourtant, nous sommes aujourd’hui à un moment critique, où des droits longuement acquis sont menacés, mis à mal, détournés", a-t-il dit.
 
M. Guterres intervenait à l’ouverture de la soixante-quatorzième session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York sur le thème : "Dynamiser les efforts multilatéraux pour l’éradication de la pauvreté, l’éducation de qualité, l’action contre le changement climatique et l’inclusion".
 
Le président Macky Sall fera une allocution à la plénière de l’assemblée et prendra également part à plusieurs événements en marge de la session, en plus des audiences et entretiens bilatéraux, selon un communiqué de la présidence sénégalaise.
 
"Nous observons une trop grande impunité, y compris pour les violations du droit international humanitaire. Nous voyons éclore de nouvelles formes d’autoritarisme", a indiqué le patron de l’ONU.
 
Selon lui, "dans trop d’endroits, la disparition de l’espace civique musèle les voix des citoyens", tandis que "des défenseurs des droits humains, des militants écologistes et des journalistes sont pris pour cible".
 
"Jour après jour, clic après clic, d’une caméra à l’autre, les systèmes de surveillance étendent leur emprise et empiètent sur la vie privée", a relevé Antonio Guterres.
 
Ces fissures, a-t-il expliqué, "ne sont pas uniquement le signe d’un effondrement des règles régissant le comportement des États et de l’économie. Elles sont plus profondes. Elles questionnent notre compassion, notre humanité".
 
"À l’heure où l’on compte un nombre sans précédent de réfugiés et de déplacés, où est passée notre solidarité ?", s’est-il interrogé, arguant que "nous voyons des frontières, et surtout des cœurs, se fermer, des sociétés devenir hostiles aux étrangers (…), des familles de réfugiés être déchirées et le droit d’asile être bafoué".
 
A l’en croire, "il nous faut rétablir l’intégrité du régime international de protection des réfugiés et tenir les promesses de partage des responsabilités du Pacte mondial sur les réfugiés".
 
"Nous devons également poursuivre sur la lancée du premier Pacte mondial sur les migrations, dont l’adoption en décembre dernier marque un tournant", a-t-il ajouté.
 
Pour le SG de l’ONU, il faut aussi pour ce faire, "renforcer la coopération internationale pour une migration régulée et ordonnée et retirer la gestion des mouvements migratoires des mains des passeurs et criminels qui s’enrichissent sur le dos des personnes vulnérables".
 
Antonio Guterres a surtout insisté dans son discours introductif sur le fait que "les droits humains de chaque migrant doivent être respectés".

MK/ASB/OID