A Bissau, la vie a repris son cours normal en attendant les résultats
APS
SENEGAL-GBISSAU-PRESIDENTIELLE

A Bissau, la vie a repris son cours normal en attendant les résultats

Bissau, 25 nov (APS) – En attendant la publication des résultats provisoires officiels de la présidentielle de dimanche, les bissau-guinéens ont repris le cours normal de leur vie, notamment dans la capitale qui a renoué lundi avec son ambiance habituelle, a constaté l’envoyé spécial de l’APS.

A Bissau, la capitale, les marchés, magasins et restaurants ont rouvert, contrastant avec la journée électorale de la veille. Dès 8 heures, les élèves ont commencé à regagner les classes.

Un regain d’activités qui s’est traduit par une circulation dense sur la voie principale menant au centre-ville.

Ici, les taxis bleu-blancs et les cars ‘’clandos’’ appelés ‘’Toka-toka’’ se disputent la route à coup de klaxons, tandis que des vendeurs de friperies étalent leurs marchandises aux alentours du célèbre rond-point Bandé, au cœur de Bissau.

A Bayru Miliitar, populeux quartier de la banlieue bissau-guinéenne, l’atmosphère est redevenue grouillante, contrastant nettement avec le silence de la journée électorale de dimanche.

‘’En Guinée Bissau, le problème c’est le jour des élections. Tout est bloqué le jour du scrutin. Les activités sont à l’arrêt. Mais le lendemain tout le monde vaque à ses occupations comme si de rien était’’, explique Pape Gueye un commerçant sénégalais établi au marché de Bayru Militar.

Au siège de la Commission nationale des élections (CNE), au quartier résidentiel de Praza, situé non loin du Palais présidentiel, les membres de l’organe habilité à publier les résultats sont à pied d’œuvre.

Certains s’occupent des remontées des données des régions de l’intérieur du pays, d’autres rangent soigneusement le tas de carton ayant servi d’isoloirs le jour du scrutin.

Bien installée dans son bureau, la secrétaire exécutive adjointe de la CNE Felisberta Maouro Vaz semble être débordée. Cette magistrate de formation a rappelé que la publication des résultats provisoires était prévue mercredi, soit 72 heures après le scrutin.

’’Nous sommes en train de compiler les résultats. Nous ne pouvons pas donner de tendances. Le travail est en cours. Peut-être mardi soir nous aurons compilé une bonne partie des données’’, a assuré Mme Vaz.

Elle a relevé ‘’quelques petites difficultés’’ liées aux remontées de données dans les 86 îles que compte la Guinée-Bissau.

‘’Nous utilisons des pirogues pour le convoyage des résultats des îles. Il y aura des lenteurs à ce niveau’’, a reconnu Felisberta Maoro Vaz.

Ce lundi à 17 heures, les missions d’observation du scrutin vont tenir une conférence de presse conjointe pour évoquer le déroulement des opérations électorales.

Au total, 761 676 électeurs répartis dans 3 139 bureaux de vote localisés dans les 29 circonscriptions électorales des huit régions de l’intérieur de la Guinée Bissau et la capitale Bissau, appelée le secteur autonome, étaient appelés aux urnes dimanche.

Quelque 190 observateurs ont été déployés par la communauté internationale pour superviser le vote. La CEDEAO et l’Union africaine (UA), principales organisations de supervision des opérations de vote, ont envoyé chacune 60 observateurs, les Etats Unis d’Amérique, 47, et le Comité des pays de langue portugaise (CPLP), 23.

Au total, 12 candidats étaient en lice pour cette élection présidentielle dont l’issue pourrait être décisive pour la stabilité du pays.

Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a connu seize tentatives de coups d’Etat, quatre putschs dont le dernier en 2012. Les dernières élections législatives qui devaient ramener la stabilité institutionnelle ont au contraire ouvert une autre ère d’instabilité sur fond de récurrents remaniements gouvernementaux quand bien même le président sortant restera dans l’histoire comme le premier à aller au bout de son mandat dans ce pays frontalier du Sénégal.
 

MTN/OID/AKS