L’UA veut rompre avec la dépendance extérieure pour ses finances
APS
AFRIQUE-INTEGRATION-FINANCES

L’UA veut rompre avec la dépendance extérieure pour ses finances

 
De l’envoyé spécial de l’APS : Ousmane Ibrahima Dia 

Kigali, 18 juil (APS) – L’Union africaine (UA) veut rompre avec la dépendance extérieure pour son financement, en décidant lors de son 27e sommet d’une taxe de 0,2% sur les importations des produits de première nécessité.
 
Cette question du financement de l’Union a fait l’objet d’une réunion à huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet de Kigali, le budget de l’organisation dépendant aux trois quarts de l’aide extérieure (UE, Chine, Banque mondiale).
 
Selon le ministre rwandais de l‘Economie Claver Gatété, les chefs d‘États de l’Union africaine ont décidé que les Africains et les pays membres devraient financer à 100 % les activités opérationnelles de la commission de l’Union africaine.
 
’"Cela permettra de générer environ 1,2 milliards de dollars américains", a-t-il souligné.
 
Pour 2016-2017, le budget de l’Union s’élève à plus de 700 millions de dollars.
 
Prononçant le discours d’ouverture du sommet de Kigali, Idriss Déby Itno, président du Tchad et président en exercice de l’UA, déclarait que les 54 pays africains ont trouvé leur retraite à huis clos, une formule efficace de financer l’Union Africaine (UA).
 
L’objectif est de permettre à l’organisation de réaliser ses projets de développement, notamment ceux liés à son Agenda 2063, selon M. Déby.
 
"Nous prenons des décisions audacieuses pour l’avenir de notre continent. En attendant l’opérationnalisation de ce nouveau mécanisme de financement de l’UA, il faut mettre fin à notre dépendance frustrante et comprometteuse de notre budget", a dit Idriss Déby Itno.
 
L’Union "nourrit de grandes ambitions pour réaliser son intégration économique en prenant en charge par elle-même la gestion des crises et conflits déstabilisant le continent", a dit Idriss Déby, notant que ces nobles et légitimes ambitions "ne sauraient se réaliser sans un mécanisme approprié de financement pérenne de l’Union".
 
Pour le président tchadien, le bouclage à temps du budget de l’organisation "est le premier test de notre capacité à s’affranchir de la tutelle extérieure".
 
Il a à ce propos demandé "instamment" aux Etats de "s’acquitter de leurs contributions statutaires même si les pays font face à une situation économique et financière difficile en raison de la conjoncture mondiale".
 
 
OID/BK