Covid-19 : le succès de Cuba expliqué par une diplomate
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SENEGAL-MONDE-SANTE

Covid-19 : le succès de Cuba expliqué par une diplomate

Dakar, 24 juil (APS) – Une surveillance épidémiologique active, le dépistage de masse, l’isolement des patients et des cas suspects, une prévention médicale soutenue et la formation d’un système de santé de qualité constituent la recette de Cuba contre la Covid-19, a expliqué vendredi à l’APS son ambassadrice au Sénégal, Saylin Sánchez Portero.


‘’Après des mois intenses de lutte contre la crise sanitaire causée par la Covid-19, depuis son apparition à Cuba, le 11 mars, le pays progresse à un rythme soutenu et affiche des résultats encourageants’’, a souligné Saylin Sánchez Portero.

Elle a rappelé que son pays a apporté son soutien à des Etats parmi les plus développés du monde même en leur envoyant des professionnels de la santé, pour soigner des personnes infectées par la Covid-19.

‘’Cuba a envoyé des brigades médicales dans 35 pays, qui ont rejoint celles qui existaient déjà dans le cadre des programmes de collaboration’’, a-t-elle précisé, mettant en exergue la volonté de La Havane d’‘’agir ensemble’’ avec les pays ainsi aidés pour éradiquer la pandémie.
 
Jeudi 23 juillet, seuls trois nouveaux cas de Covid-19 ont été recensés à Cuba, a-t-elle indiqué, ajoutant que 240.894 tests de coronavirus ont été effectués dans ce pays peuplé d’environ 11,3 millions d’habitants, selon des statistiques de la Banque mondiale publiées en 2018.
 
L’île latino-américaine a recensé 2.469 cas de Covid-19, soit un taux de positivité de 1,02%, a poursuivi son ambassadrice au Sénégal. Selon Saylin Sánchez Portero, 87 décès causés par le coronavirus ont été dénombrés à Cuba, et 2.341 patients ont recouvré la santé, soit un taux de guérison de 95%.
 
Cuba a obtenu ces résultats, de loin meilleurs que ceux de nombreux pays en matière de lutte contre la pandémie de Covid-19, ‘’grâce à la priorité que les autorités cubaines accordent à la formation d’un système de santé de qualité, totalement gratuit, avec une couverture médicale universelle’’, à laquelle l’Etat cubain alloue 14% de son profuit intérieur brut et 21% de son budget. 

Un ‘’blocus économique, commercial et financier‘’
 
Le pays, qui va fêter dimanche la Journée de la rébellion nationale, doit aussi ces résultats à la formation de milliers de médecins et d’infirmières et à la construction d’un vaste réseau d’infrastructures sanitaires, a indiqué Saylin Sánchez Portero.
 
Selon elle, le pays doit son succès à ‘’une surveillance épidémiologique active’’, qui se traduit par des dépistages quotidiens, l’isolement des patients et des cas suspects, l’hospitalisation des malades dans des centres d’isolement implantés dans toute l’île.
 
L’ambassadrice de Cuba au Sénégal affirme que des médicaments fabriqués par son pays sont utilisés dans le traitement de la maladie. C’est le cas de l’Interféron alfa-2b et de l’Itolizumab, qui sont, avec d’autres médicaments, le produit d’‘’une industrie biotechnologique en plein essor depuis les années 80’’.
 
‘’Le plus grand mérite de Cuba est d’avoir obtenu ces résultats, malgré le blocus économique, commercial et financier du gouvernement des Etats-Unis‘’, qui a ‘’empêché l’acquisition de médicaments et de fournitures médicales pour faire face à cette urgence sanitaire’’, a dit Saylin Sánchez Portero.
 
‘’Ce blocus se renforce avec la campagne du gouvernement des Etats-Unis qui tente de discréditer la coopération médicale internationale menée par Cuba et continue de constituer le principal obstacle au développement économique et social du pays’’, a-t-elle ajouté.
 
La réussite de son pays, au-delà de la lutte contre la pandémie de coronavirus, est aussi le résultat de ‘’l’aide précieuse de pays amis, d’organisations et d’individus’’, sur la base de l’‘’amitié’’ et de la ‘’coopération internationale’’, estime Saylin Sánchez Portero.
 
Elle rappelle que pour la bataille actuelle contre la Covid-19, son pays a envoyé des professionnels de la santé à plusieurs pays africains, dont le Togo, la Guinée Equatoriale, l’Afrique du Sud, l’Angola, le Cap-Vert, le Kenya, la Guinée et la Sierra Leone, comme à l’époque de l’épidémie de fièvre Ebola en 2014.

SG/ESF/ASG

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