Yahya Jammeh accusé de viols et d’agressions sexuelles
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Yahya Jammeh accusé de viols et d’agressions sexuelles

Dakar, 26 juin (APS) - Des responsables d’organisations des droits de l’homme et deux victimes accusent l’ancien président gambien Yahya Jammeh d’avoir commis des viols et agressions sexuelles alors qu’il était au pouvoir et demandent qu’il soit traduit en justice.
 
 
En conférence de presse à Dakar, mercredi, ils ont invité les autorités gambiennes à enquêter sur ces accusations à l’encontre de l’ancien homme fort de Banjul.

A la tête de son pays depuis 1994 à la suite d’un coup d’Etat, Jammeh a été contraint de quitter le pouvoir le 21 janvier 2017 sous la pression de la CEDEAO, après un refus de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2016.
 
"On connaissait Yahya Jammeh le tyran, le dictateur mais on ne connaissait pas le prédateur sexuel", a lancé Alioune Tine, Fondateur d’Africa Jom.
 
Selon l’ancien directeur régional d’Amnesty international pour l’Afrique, il s’agit là d’un sujet "extrêmement sensible".
 
Pour le conseiller juridique à Human Rights Watch, Reed Brody, l’ancien président gambien a profité de son pouvoir pour "faciliter ces initiatives en commentant des abus sexuels".
 
Reed Brody a indiqué que Human Rights Watch et TRIAL ont recueilli les témoignages de trois femmes gambiennes qui accusent "Jammeh de viols et d’agressions sexuelles".
 
Le conseiller juridique à Human Rights Watch a souligné la détermination de ces organisations à oeuvrer pour que l’ancien homme fort de Banjul n’échappe pas à la justice.
 
"Ces femmes ont un courage immense et ont brisé la culture du silence. Il est important que la commission vérité et réconciliation et le gouvernement leur offrent la possibilité d’obtenir réparations et justice", a déclaré Marion Volkmann-Brandau, la principale enquêteuse ayant travaillé sur ce projet pendant 18 mois.
 
Fatoumatta Sandeng et Fatou (Toufah) Jallow ont livré devant les journalistes leur histoire.
 
La fille de l’opposant gambien Solo Sandeng, assassiné par le régime de Yahya Jammeh, confie avoir échappé à l’ancien président gambien qi voulait le violer.
 
Fatou (Toufah) Jallow a, quant à elle, raconté son viol par Yahya Jammeh.

Les deux femmes ont invité leurs compatriotes gambiennes à briser le silence, en racontant les abus subies pendant le règne de Yahya Jammeh.

Jammeh se trouve actuellement en Guinée équatoriale, où il a trouvé refuge après avoir perdu l’élection présidentielle de 2016, remportée par Adama Barrow.


La radio publique britannique BBC, qui a relayé les mêmes accusations, a indiqué avoir cherché en vain à recueillir la réaction de Jammeh, qui vit en Guinée équatoriale depuis sa chute.


Mais selon le média britannique, un porte-parole de l’Aliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), parti de l’ancien président gambien, a nié ces accusations.

"En tant que parti et le peuple gambien, nous en avons assez des nombreuses allégations dénuées de fondement contre de notre ex-président", a déclaré Ousman Rambo Jatta dans une déclaration écrite.

Il ajoute : "L’ex-président n’a pas le temps de réagir aux campagnes de mensonges et de diffamation. C’est un leader respectable et pieux qui n’a que du respect pour nos femmes gambiennes."


BHC/ASG/BK