La recherche doit prendre en compte l’enfance pour
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SENEGAL-AFRIQUE-SOCIETE-PERSPECTIVE

La recherche doit prendre en compte l’enfance pour "un programme de justice sociale plus large’’ (universitaires)

Dakar, 5 oct (APS) - Des universitaires ont prôné jeudi à Dakar une meilleure prise en compte des enfants dans les travaux de recherche, en vue de contribuer à "un programme plus large de justice sociale", a constaté l’APS.

Ils intervenaient lors d’une table-ronde organisée par le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), sur le thème "Publier et communiquer des travaux de recherches dans les études sur l’enfance".
 
"Nous ne devons pas parler des questions traitant de l’enfance parce que les autres le font, mais nous devons en parler parce qu’elles nous interpellent", a déclaré le directeur du programme de publication et de dissémination du CODESRIA, Divine Fuh.
 
Selon M. Fuh, les recherches concernant l’enfance "ne doivent pas seulement’’ porter sur les enfants mais se faire "avec les enfants".
 
Cet universitaire estime que les chercheurs africains ont intérêt à occuper ce terrain, encore vierge en Afrique, "pour ne pas laisser les autres le faire."
 
"Il faut que les chercheurs africains publient des travaux de recherche qui reflètent les perspectives du continent. Sinon les autres vont venir nous raconter notre propre histoire", a-t-il fait valoir.
 
Le CODESRIA s’inscrit dans cette perspective et "fait de la production et de la promotion des savoirs sur les réalités africaines depuis 44 ans un de ses mandats", a-t-il ajouté.
 
Mélanie Jacquemin, sociologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), a de son côté souligné la nécessité de trouver "des pédagogies alternatives" pour amener les enfants à s’intéresser à ce qui se fait sur eux.
 
Aussi a-t-elle suggéré à ses pairs de "penser à allier création artistique (infographie) et restitution de recherches à travers des web-documentaires". Elle a également prôné l’utilisation de bandes dessinées.
 
"A défaut de trouver des revues spécialisées sur l’enfance, ces méthodes alternatives permettent d’amener les enfants à s’intéresser à ce que l’on fait sur eux", a indiqué la chercheure de l’IRD.
 
Mélanie Jacquemin a également déploré "la rareté" de revues spécialisées sur l’enfance dans le monde francophone, ce qui ne doit pas amener les chercheurs concernés à publier dans des "revues prédatrices" peu cotées selon elle.
 
"On dit qu’un universitaire doit publier pour ne pas disparaître. Mais il ne sert à rien de publier dans des revues prédatrices qui ne sont pas cotées", a-t-il souligné, avant d’appeler, sur cette question, à "une collaboration entre les différents chercheurs africains européens et américains du Nord selon les spécialités".
 
 

SMD/BK