Les agences de presse africaines invitées à développer l’information régionale
APS
AFRIQUE-MEDIAS-PERSPECTIVES

Les agences de presse africaines invitées à développer l’information régionale

De l’envoyé spécial de l’APS : Alioune Diouf

Rabat (Maroc), 26 nov (APS) - Les agences de presse africaines, pas très compétitives sur le plan de l’information internationale où elles sont souvent battues par les agences occidentales, ont intérêt à développer davantage l’information régionale où elles "restent imbattables", a dit lundi à Rabat, Khalil Hachimi, président de la Fédération atlantique des agences de presse africaines (FAAPA).

"Nous sommes battables sur l’information internationale, mais nous ne sommes pas battables sur l’information régionale", a-t-il dit à l’ouverture d’une session de formation à l’intention de 16 correspondants régionaux d’Afrique.
 
Le séminaire de cinq jours, organisé au siège de la MAP par la FAAPA, en partenariat avec l’Agence marocaine de coopération internationale et l’Agence belge de développement (ENABEL), porte sur le thème "Le journalisme en région : enjeux et défis".
 
"Il y a toujours un sujet international sur lequel on est battu, ça, c’est indéniable. Mais là où on est imbattable c’est sur l’information régionale", a insisté Khalil Hachimi, par ailleurs directeur général de l’Agence marocaine de presse (MAP).
 
Les correspondants des agences de presse africaines ont une plus grande maîtrise de l’environnement régional et ont un plus grand accès aux sources locales dont ils sont plus proches, a-t-il fait valoir.
 
Le directeur de la MAP estime que pour qu’une agence ait un poids dans le continent, il faut qu’elle l’ait d’abord dans son pays, et pour ce faire, elle doit peser lourd en termes d’information régionale.
 
"Le réseau régional de l’agence de presse est le premier pourvoyeur d’information", qui, s’il n’est pas productif, ne permet pas à l’organe d’être compétitif, y compris dans son pays, analyse-t-il.
 
"Les clients veulent qu’on soit premiers sur l’information de proximité. Ils n’ont pas besoin de commentaires sur les ‘gilets jaunes’ de Paris ou sur les appréciations des déclarations de Trump. D’autres le font très bien".
 
Selon M. Hachimi, l’"erreur" commise par beaucoup de journalistes est de penser que l’information régionale consiste à "couvrir les activités du préfet", a-t-il relevé, non sans souligner que l’activité institutionnelle "ne dépasse pas 10%" de tout ce qui se passe dans sa zone d’intervention. 
 
Pour les 90% restants, le journaliste peut alors s’intéresser par exemple au dynamisme des femmes et de jeunes de la région, des associations villageoises, de la société civile. Ce qui donne "un paquet de papiers" qui vont intéresser son public, ses clients.
 
Estimant qu’il y a "1000 choses à faire" par le correspondant régional, pour enrichir le fil de son organe de presse, Il a suggéré aux correspondants régionaux, comme méthode de travail, de faire de la planification, pour aborder une diversité de sujets et ne pas rester otage de l’institutionnel.
 
Ce qu’un des formateurs de cette session, le journaliste Abashi Shamamba, chef de la rubrique économique de L’Economiste, un journal marocain, appelle "la maladie des conférences". Pour lui, il y a "un équilibre" à trouver entre l’information institutionnelle et celle qui intéresse directement les populations locales.
 
Il n’a pas manqué de préciser que cet exercice nécessite davantage de formation et la mise à la disposition du correspondant d’un minimum de moyens, dont le manque constitue ’’une contrainte majeure’’ aux yeux d’une bonne partie des participants à ce séminaire.
 
 
 

ADI/BK