600 millards par an nécessaires pour financer les objectifs de développement durable en Afrique (CNUCED)
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MONDE-DEVELOPPEMENT

600 millards par an nécessaires pour financer les objectifs de développement durable en Afrique (CNUCED)

Dakar, 21 juil (APS) - L’Afrique a besoin de 600 milliards de dollars par an pour réaliser les objectifs de développement durable (ODD), estime un nouveau rapport sur le développement économique en Afrique de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
 
Ce rapport, présenté jeudi à Dakar par l’expert économiste de la CNUCED à Genève, Bineswaree Aruna Bolaky, souligne que l’aide publique au développement et la dette extérieure ne suffiront pas à couvrir le montant-600 milliards de dollars- dont a besoin le continent.
 
A cet effet, les auteurs du rapport suggèrent aux pays africains de financer leur propre développement en mobilisant davantage les ressources intérieures et extérieures, ainsi que les envois de fonds et les épargnes de la diaspora. 
 
Le document souligne que les pays africains ont besoin de mobiliser toutes les sources de financement. Partant, les dettes extérieure et intérieure ne doivent pas être exclues des modalités de financement en Afrique.
 
Toutefois, le rapport attire l’attention sur l’importance d’une mobilisation de telles ressources sans faire sortir les pays des limites d’un endettement viable.
 
Pour assurer la viabilité de la dette, le rapport préconise ‘’un équilibre’’ entre les avantages liés à la contraction de nouveaux emprunts concessionnels et non concessionnels auprès des sources intérieures et extérieures et ceux que procure la restriction de ces emprunts.
 
Le rapport de la CNUCED appelle les pays africains à mettre en place un cadre révisé de la viabilité de la dette en prenant en compte les investissements destinés au financement des ODD, et à accorder une plus grande importance au plafonnement du service de la dette.
 
Ce cadre révisé peut selon le rapport favoriser une ‘’augmentation modérée du financement par la dette, qui permet aux pays africains de réaliser progressivement les ODD sans tomber dans le surendettement.
 
La mobilisation des envois de fonds comme sources de financement du développement est une modalité à exploiter, selon le rapport qui encourage cependant les Africains à recourir à des circuits formels d’envoi de fonds, afin que cet argent puisse servir de garantie et contribuer au développement du secteur financier.
 
‘’Les flux financiers illicites pourraient devenir une source de financement du développement à condition que la lutte contre ce phénomène perdure au niveau national et international’’, estiment les rédacteurs du rapport.
 
Ils précisent que les fonds perdus par les pays africains se sont élevés, à 854 milliards de dollars entre 1970 et 2008.
 
Les partenariats public-privé, la coopération internationale et régionale et le développement des capacités analytiques de suivi et de gestion de la dette sont aussi des pistes à explorer pour le financement du développement du continent. 

SK/MW/ASG