Crise politique en Guinée Bissau : Dakar et Lisbonne souhaitent
APS
SENEGAL-AFRIQUE-POLITIQUE

Crise politique en Guinée Bissau : Dakar et Lisbonne souhaitent "une bonne application" de l’accord de Conakry

Dakar, 13 avr (APS) - Le chef de l’Etat Macky Sall et son homologue portugais Marcelo Rebelo de Sousa, en visite officielle au Sénégal, ont plaidé mercredi en faveur d’une "bonne application" de l’accord de Conakry pour une sortie de crise en Guinée Bissau.
 
S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe, les présidents Sall et de Sousa ont invité les acteurs politiques bissau-guinéens à trouver "une solution à l’impasse politique" prévalant actuellement dans ce pays frontalier du Sénégal.
 
"Il y a un accord qui a été signé par tout le monde. Cet accord est essentiel pour la Guinée-Bissau et les partenaires internationaux. Donc, il faut bien appliquer l’accord", a déclaré le président portugais. 
 
Sous l’égide de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les acteurs politiques bissau-guinéens ont signé, le 14 octobre dernier à Conakry (Guinée), un accord destiné à mettre fin à la crise politique dans leur pays, depuis le limogeage, en août 2015, du Premier ministre bissau-guinéen de l’époque, Domingos Simoes Pereira, par le président José Mario Vaz.
 
L’accord auquel les différentes parties sont convenues prévoit la nomination d’un nouveau Premier ministre de consensus et porte plus généralement sur la mise en œuvre d’une "Feuille de route" signée le 10 septembre 2015 à Bissau. 
 
L’accord de Conakry tarde toutefois à être appliqué, le président Vaz ayant nommé en décembre dernier au poste de Premier ministre, Umaro Cissoko Embalo, en lieu et place d’un chef de gouvernement de consensus accepté par tous et notamment le PAIGC, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, majoritaire à l’Assemblée nationale. 
 
"C’est difficile, mais il faut l’appliquer avec patience’’, par le biais de la négociation et du dialogue, "parce que tout accord exige le dialogue. Une compréhension mutuelle", a commenté Marcelo Rebelo de Sousa.
 
Il a demandé à la communauté internationale de ne pas adopter une attitude d’indifférence vis-à-vis de la Guinée Bissau.
 
"La présence de la communauté internationale est un effort, une contribution positive pour la stabilité et le développement politique et social de la Guinée Bissau", a-t-il soutenu.
 
Pour le président Sall, "la communauté internationale a un devoir de solidarité vis-à-vis de la Guinée Bissau, tout en respectant fondamentalement sa souveraineté". 
 
"La situation est difficile’’, a-t-il relevé en allusion aux tentatives visant à parvenir à des "solutions consensuelles" de nature à satisfaire les différents partis impliqués dans la crise politique en Guinée-Bissau. 
 
"L’accord de Conakry a été obtenu avec beaucoup de difficultés. Une bonne partie a été mise en œuvre, il reste des aspects qui n’ont pas été mise en œuvre", a souligné Macky Sall. 
 
"Nous espérons qu’avec la contribution de tout le monde, nous pourrons arriver à amener le président bissau-guinéen, le PAIGC et le parlement à trouver le consensus pour’’ un "sursaut national en Guinée Bissau", pour que le pays ne soit pas confronté à "des solutions difficiles", a déclaré Macky Sall.
 
La Guinée-Bissau est en proie à une instabilité politique chronique résultant notamment de plusieurs coups d’Etat sans compter qu’en 43 ans d’indépendance, aucun président, même démocratiquement élu, n’a pu finir un seul mandat.
 


BHC/BK