Experts et officiels insistent sur la restauration des écosystèmes
APS
SENEGAL-ENVIRONNEMENT

Experts et officiels insistent sur la restauration des écosystèmes

Dakar, 5 juin (APS) – Des experts et des officiels ont insisté samedi, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, sur l’importance de la restauration des écosystèmes.
 

L’expert en environnement, Dr Sara Danielle Dieng, a souligné l’importance de restaurer les écosystèmes pour éviter les extinctions prévues dans la biodiversité.

 

’’Associer à la reconversion des écosystèmes naturels, la restauration, pourrait contribuer à éviter 60% des extinctions de la biodiversité qui sont prévues’’, a-t-elle dit. 

 
Dr Dieng intervenait à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement axée sur le thème : ’’Restauration des écosystèmes : quels enjeux, défis et perspectives pour le Sénégal’’. 
 
Selon elle, cette restauration peut séquestrer jusqu’à 30% des carbones libérés dans l’atmosphère depuis la révolution industrielle. 
 
’’Nos écosystèmes sont en train de se dégrader. Aujourd’hui, il est urgent de s’engager davantage pour les préserver’’, a t-elle plaidé.
 
Selon elle, si l’on se refert aux statistiques de la plateforme gouvernementale sur la biodiversité, trois quart de l’environnement terrestre et 66% de l’environnement marin ont été significativement modifiés par l’activité humaine. 
 
Elle a souligné que ces dégradations affectent sévèrement les populations déjà touchées de plein fouet par les affres de la pauvreté. 
 
Dr Dieng a estimé que tous les écosystèmes ont besoin d’être restaurés et le thème de cette année ’’en appelle à une implication de tous à l’échelle individuelle, communautaire, nationale, etc’’. 
 
Pour le Directeur de l’Institut des sciences de l’environnement, Dr Bienvenu Sambou, ’’le choix du thème de cette année est l’un des plus pertinent’’.

’’On parle de la restauration des écosystèmes qui sont extrêmement importants pour nous dans ce sens qu’ils nous fournissent beaucoup’’, a t-il fait valoir. 
 
Selon lui, sans ces écosystèmes, l’humanité n’aura plus sa raison d’être, car ils jouent un rôle extrêmement important de séquestration du carbone. 
 
’’Malheureusement, ils sont dans un état de dégradation récurrente. Notre responsabilité intellectuelle est engagée collectivement et individuellement face à cela’’, a-t-il souligné. 
 
Pour sa part, l’ancien Secrétaire exécutif d’Enda tiers monde et expert environnementaliste, Mass Lô, a invité à mettre l’environnement au coeur du principe ’’du développement inclusif et durable’’. 
 
Dans le cas du Sénégal, il a estimé que le moment est venu d’opérer ’’une rupture avec les mauvaises pratiques et voir ce dont offrent les éco-cultures en vue de les réutiliser’’. 
 
’’Selon des études, il faut restaurer 350 millions d’hectares à travers le monde avec un fonds de 1000 milliards de dollars et c’est l’Afrique qui a des ressources à revendre à cet effet’’, a-t-il ajouté.
 
’’Nous sommes convaincus que la restauration de l’écosystème contribue à la réduction de la pauvreté par ses activités alternatives qu’elle génère’’, a soutenu le représentant du Haut conseil des collectivités territoriales, Chérif Hibib Aïdara.
 
Cette restauration ’’permet non seulement de prévenir, d’inverser et d’atténuer le changement climatique, mais aussi d’éviter l’extinction massive d’espèces humaines et autres’’, a t-il dit.
 
A l’en croire, la restauration doit être effective partout, aussi bien dans les villes que dans le monde rural, en prenant plusieurs formes et en tenant compte des spécificités locales. 
 
AMN/OID