Un chercheur belge présente une technique de transformation du phosphate en papier
APS
MONDE-INNOVATION

Un chercheur belge présente une technique de transformation du phosphate en papier

De l’envoyée spéciale de l’APS : Sokhna Bator Sall

Ben Guérir (Maroc), 8 oct (APS) - Le chercheur belge Gunter Pauli a présenté un procédé de transformation du phosphate en papier, mardi, dans le cadre de la 5e édition du symposium international de l’innovation autour du phosphate et ses dérivés, qui se tient à l’université Mohamed VI de Ben Guérir, au Maroc.

"Quand on triture la pierre nous obtenons de la poussière, laquelle devient fluide. C’est la grande capacité de la loi de la physique", a expliqué le professeur Pauli, au cours d’un panel qu’il animait sur "l’ère émergente des entrepreneurs pour le bien commun". 
 
"A partir de là, nous obtenons des pièces plus minces, des nanomètres et cela devient fluide", a-t-il dit, ajoutant que ces matériels fluides sont mélangés avec du polymère de haute densité, sans additifs nocifs pour la nourriture. 
 
Il a rappelé que le polymère, en chimie et biologie, est une molécule constituée d’une chaine de molécules semblables, appelées monomères, a souligné le chercheur belge, parlant d’un "composé chimique avec des unités structurelles répétitives". 
 
"Lorsque l’on mélange 20 % polymères et 80% pierres, on le sèche et on fait l’extrusion. Ce processus est assez simple mais fantastique de l’avoir inventé", a indiqué le scientifique. 
 
Selon lui, cette invention faite par des chinois, est un procédé désormais "industrialisé par des milliers de tonnes de production par an".
 
Les phosphates "sont une industrie dont on a besoin. Cependant, ils doivent s’insérer dans un écosystème autant social, traditionnel qu’écologique", a fait valoir Gunter Pauli, auteur d’un ouvrage "Blue Economy".

Gaunter Pauli, également entrepreneur, a conçu le concept d’économie bleue qu’il présente comme un modèle économique qui suffit aux besoins de base en valorisant ce qui est disponible localement et en s’inspirant du vivant.
 
Selon M. Pauli, surnommé "le Steve Jobs du développement durable’’, cela veut dire que les impacts considérés auparavant comme négatifs doivent être transformé en impacts positifs. 
 
"Tous le stérile restant de l’exploitant des mines, doivent se convertir en papier des pierres. Cela se fait déjà avec plus d’un million de tonnes en Chine. Les terres réhabilitées seront régénérées avec des microorganismes. Avec le charbon et le papier pierre, on peut transformer les sites de production de phosphates, lesquels permettront d’avoir de la valeur ajoutée la plus élevée" possible, a-t-il fait soutenu. 
 
"C’est cela l’innovation. On ne peut pas l’avoir pour satisfaire les scientifiques ni les techniques. L’innovation doit être soumise aux nécessités de la population et de l’écosystème à travers des projets concrets, très précis et savoir quelle sorte de pierre utiliser pour avoir du papier-pierre par exemple", a-t-il insisté.
 
Il souligne qu’aujourd’hui, "tout ce qui n’est pas phosphate est mélangé et jeté. C’est là où on doit chercher l’opportunité pour trouver la différenciation dans les matières premières, les utiliser et les transformer en projets concrets".
 
 

SBS/BK