La hausse des températures commence à engendrer des problèmes de santé publique (universitaire)
APS
MONDE-AFRIQUE-CLIMAT

La hausse des températures commence à engendrer des problèmes de santé publique (universitaire)


Saint-Louis, 9 oct (APS) - La hausse des températures, au-delà de la fonte des glaces, au pôle nord, et de l’accélération des effets dévastateurs de la sécheresse, dans les pays du Sud, "commence à engendrer des problèmes de santé publique", notamment en Afrique subsaharienne, a prévu mardi le recteur de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB), le professeur Ousmane Thiaré.


M. Thiaré s’exprimait lors de la cérémonie de clôture du projet d’alerte aux canicules au Sahel et leurs impacts sur la santé (ACASIS).



Selon lui, la menace que constitue le réchauffement climatique "est aujourd’hui pris au sérieux", la canicule ayant "atteint depuis quelques années des seuils jamais égalés, touchant les populations vulnérables".



Il fait valoir que le réchauffement climatique "expose l’Afrique subsaharienne à un risque élevé pour la santé des populations les plus vulnérables". 


Le professeur Thiaré explique que "les conditions climatiques extrêmes favorisent la résurgence des maladies épidémiologiques, comme la dengue, la fièvre jaune et le virus de l’Ebola en Afrique de l’Ouest".


"Le changement climatique est responsable de la détérioration de la qualité de l’air en Afrique subsaharienne pendant les vagues de chaleur, mais aussi favorise l’augmentation de la pollution de l’air, occasionnant également la fréquence des maladies non transmissibles, telles que le cancer du poumon et les maladies cardio-vasculaires", souligne-t-il.



Le coordonnateur du projet "Acasis", Serge Janicot, note lui que les vagues de chaleur au Sahel ont connu une augmentation ces 20 dernières années. S’ils ne peuvent pas être quantifiés, dit-il, "leurs impacts sur les populations commencent à être observés".



Il a averti que ces vagues de chaleur vont probablement continuer à "s’intensifier sous l’effet de l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre", estimant qu’il est temps de "renforcer la résilience des populations à ces événements".


Le scientifique français a rappelé l’objectif du programme ACASIS, qui est de mettre en place un système d’alerte aux vagues de chaleur au Sahel qui soit adapté aux risques sanitaires des populations. 



Il s’agit aussi pour le programme "d’évaluer et d’améliorer la prévisibilité des vagues de chaleur, pour mieux connaître [leur] évolution dans le futur".



Le projet ACASIS a mobilisé pendant cinq années de recherche, un consortium pluridisciplinaire associant des laboratoires français et africains, des climatologues, physiciens de l’atmosphère, météorologistes et biostatisticiens.


L’équipe du projet comportait également des médecins, démographes, socio-économistes, épidémiologistes, géographes, ainsi que des agences météorologiques.

 


BD/ASG/BK