Mansour Faye appelle à préserver Saint-Louis de l’avancée de la mer
APS
SENEGAL-ENVIRONNEMENT-PLAIDOYER

Mansour Faye appelle à préserver Saint-Louis de l’avancée de la mer

Saint-Louis, 15 août (APS) – Le maire de Saint-Louis (nord), Mouhamadou Mansour Faye, a invité lundi l’Etat du Sénégal et la communauté internationale à œuvrer à la mise en œuvre de dynamiques permettant de préserver la capitale du nord des effets de l’avancée de la mer.
 
"Il est temps pour l’Etat et la communauté internationale de créer des dynamiques pour arrêter l’avancée de la mer et faire en sorte que nos populations puissent vivre en paix des centaines d’années encore (…)", a-t-il déclaré. 
 
"Saint-Louis fait partie des zones les plus menacées par l’avancée de la mer", a rappelé son maire, s’adressant à des journalistes à l’issue d’une randonnée de sensibilisation sur les effets des changements climatiques. 
 
Des officiels et de nombreux acteurs locaux ont participé à cette marche à travers plusieurs quartiers de la ville, sur un parcours de huit kilomètres.
 
"Le long du parcours, nous avons a eu à sensibiliser les populations sur les conséquences des changements climatiques. Ces changements, nous les ressentons profondément dans la commune de Saint-Louis, plus précisément dans la Langue de Barbarie", a indiqué Mansour Faye. 
 
"Si rien n’est fait, les experts disent que dans une cinquantaine d’années, la Langue de Barbarie risque de disparaître en entraînant avec elle l’île de Saint-Louis, et on sait où est-ce que ce cela va mener", a-t-il prévenu.
 
"Saint-fait partie des zones les plus menacées et il est impératif que ce message puisse être entendu par la communauté internationale. C’est un cri lancé par les populations de Saint-Louis en direction de l’Etat du Sénégal et de la communauté internationale", a-t-il insisté.
 
La Langue de Barbarie, constituée principalement des quartiers de Guet-Ndar, Ndar-Toute et Gokhou-Mbath, subit de plein fouet les effets liés à l’avancée de la mer. Les habitations de cette zone sont régulièrement attaquées par les vagues qui en ont détruit plusieurs.
 
Récemment, des dizaines de personnes ont été contraints d’abandonner leurs maisons et ont dû être installées dans les faubourgs de Saint-Louis, tandis que des villages entiers ont été déjà quasiment engloutis.
 
Parallèlement, la ville subit les conséquences de l’ouverture, en 2003, d’une brèche sur la Langue de Barbarie pour permettre d’évacuer les eaux et sauver la ville de la crue du fleuve Sénégal qui à l’époque menaçait la ville d’importantes inondations.
 
Ouverte à l’origine sur quatre mètres, cette brèche s’étend aujourd’hui sur des dizaines de kilomètres et semble avoir entamé durablement l’équilibre écologique de cette zone de l’embouchure du fleuve Sénégal.
 
Saint-Louis, Ndar en langue wolof, est l’une des plus grandes villes du Sénégal et, historiquement, l’une des plus importantes, comme en témoigne son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO à partir de l’année 2000.
 
AKS/BK