Dakar et Nouakchott invités à considérer la gestion de la pêche comme
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SENEGAL-MAURITANIE-PECHE

Dakar et Nouakchott invités à considérer la gestion de la pêche comme "priorité"

Dakar, 9 fév (APS) - L’ONG Greenpeace invite les chefs d’États du Sénégal et de la Mauritanie à "considérer comme priorité la gestion régionale de la pêche en Afrique de l’Ouest", lors de leur rencontre prévue jeudi et vendredi à Nouakchott. 
 
Le président Macky Sall est arrivé jeudi à Nouakchott pour une visite de deux jours qui intervient après une manifestation organisée le 29 janvier par des populations de Saint-Louis, pour protester contre la mort d’un jeune pêcheur tué par balle par des garde-côtes mauritaniens, alors qu’il pêchait dans les eaux mauritaniennes. 
 
Ces dernières années, d’importantes découvertes de gaz ont été faites à la frontière entre les deux pays, dont celle concernant le champ gazier "Grand Tortue/Ahmeyim", mis à jour en janvier 2016 et considéré comme "le plus important gisement" en Afrique de l’Ouest, avec des réserves estimées à 450 milliards de m3. Il est à cheval sur la frontière sénégalo-mauritanienne.
 
Dans un communiqué reçu à l’APS, l’ONG de défense de l’environnement rappelle que depuis plus d’une décennie, elle "dénonce, aux côtés d’autres organisations, la surexploitation des ressources halieutiques dans les eaux ouest-africaines et les conséquences néfastes sur les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et l’emploi de millions de personnes dans cette région". 
 
"Des avancées sont possibles mais ne peuvent passer que par une coopération renforcée des pays d’Afrique de l’Ouest et par l’harmonisation de leurs politiques et réglementations des pêches", estime-t-elle.
 
Cité dans le communiqué, Dr Ibrahima Cissé, Responsable de la campagne océans pour Greenpeace Afrique, a déclaré : "En Afrique de l’Ouest, les deux tiers des stocks de poissons sont partagés entre plusieurs pays. Il est donc indispensable et vital que les états côtiers qui souffrent de la surpêche et la pêche illégale, conjuguent leurs efforts pour mettre un terme à ces maux qui gangrènent le secteur de la pêche". 
 
Il souligne qu’aujourd’hui, "la mise en place d’un organe régional ou le renforcement des institutions existantes avec mandat de gestion de ces ressources, devrait être une priorité pour les chefs d’Etats de la sous-région".
 
Selon lui, "la Mauritanie et le Sénégal qui occupent des places stratégiques dans cette sous-région devrait jouer un rôle important dans la mise en place de cet organe et encourager les autres pays membres à gérer communément cette richesse partagée". 
 
Il a ajouté que Greenpeace "espère que les présidents Macky Sall et Mohamed Abdel Aziz vont s’entretenir, entre autres, sur cette question qui devient pressante". 
 
"Les populations mauritaniennes et sénégalaises ont les mêmes préoccupations et les dirigeants ne devraient pas attendre des incidents extrêmes comme la mort du jeune pêcheur sénégalais (que nous déplorons) pour trouver une solution conjointe et durable à la gestion de la pêche en Afrique de l’Ouest", a ajouté Dr Cissé.
 
 
 

NLC/AMN/OID/ASB