Digue de protection de la Langue de Barbarie : la première phase livrée  ’’d’ici fin décembre’’ (chef de projet)
APS
SENEGAL-ENVIRONNEMENT-INFRASTRUCTURE

Digue de protection de la Langue de Barbarie : la première phase livrée ’’d’ici fin décembre’’ (chef de projet)

Saint-Louis, 5 nov (APS) - Les chantiers de la première phase des travaux de construction de la digue de protection côtière de la Langue de Barbarie, à Saint-Louis (nord) "sont terminés à 95 pour cent et seront livrés d’ici fin décembre’’, a-t-on appris du responsable du projet, Aly Tounkara.

Les travaux de la première phase "sont terminés à 95 pour cent et seront livrés d’ici fin décembre", a indiqué le chef de projet de l’Office des lacs et cours d’eau (OLAC) pour la réalisation de cette digue de protection côtière, dans un entretien avec l’APS.
 
La Langue de Barbarie, qui comprend les quartiers de Guet Ndar, Goxu Bathie, Santhiaba, est la zone de Saint-Louis la plus touchée par l’avancée de la mer.
 
A l’occasion de la visite effectuée au Sénégal par le président français Emmanuel Marcon, en février dernier, d’importantes mesures d’accompagnement avaient été annoncées pour mieux protéger les quartiers de la Langue de Barbarie contre l’avancée de la mer, dont une digue de protection.
 
Cette digue de protection va consister en un linéaire de 3,5 kilomètres divisé en deux composantes du fait de la complexité du zone, la première composante devant prendre en compte la zone courante de la Langue de Barbarie, de Goxu Bathie à Santhiaba, sur 1,6 km.
 
La deuxième, sur un linéaire de 2 km environ, à travers le quartier de Guet Ndar (la zone du mur), devrait contribuer à "assurer une protection des populations contre l’effondrement de leurs maisons causé par l’avancée de la mer", a expliqué M. Tounkara. 
 
Selon l’ingénieur chef de projet, cette première composante est financée par l’Etat du Sénégal à hauteur de 3,7 milliards de francs CFA. Les travaux sont confiés à l’entreprise Eiffage Sénégal.
 
Cette première phase du projet, de Goxu Mbathie à Santhiaba sur 1,6 kilomètre, débuté depuis décembre 2017, a été réalisé "à 95 pour cent et sera bientôt réceptionné d’ici la fin l’année 2018".
 
Les études techniques de la deuxième phase ont été déjà validées par le comité technique. Les travaux "seront lancés en début 2019", avec un financement de 10 milliards de francs CFA de l’Agence française de développement (AFD), a signalé Aly Tounkara.
 
Ils vont consister en des enrochements, "à l’image de la digue de protection qui se trouve au niveau du quartier Thiawlène de Rufisque avec un système d’engraissement", a-t-il expliqué.
 
Il a souligné qu’au niveau des côtes sur le littoral, le passage de la dernière houle avait occasionné, l’année dernière, "un endommagement d’une partie de la digue de protection’’ en cours de construction, à hauteur de Santhiaba et Goxu Bathie.
 
Selon l’ingénieur de l’Office des lacs et cours d’eau (OLAC), des propositions techniques ont été prises, en vue de renforcer l’ouvrage sur toute sa structure à partir de la fondation.
 
Il a aussi fait état de la réalisation de 9 mètres de "matelas Reno’’, du côté de la mer, pour faire obstacle aux phénomènes d’affouillement, mais également rapprocher les contreforts de 25 mètres d’intervalle pour favoriser l’engraissement de la plage et la réalisation des rampes de passage pour les pirogues.
 
Les "Matelas Reno" sont fabriqués à partir de grillage double torsion. Ils sont divisés en cellules séparés des diaphragmes tous les mètres, lesquels sont fabriqués par pliage d’une seule nappe de grillage double torsion.
 
Ils sont remplis sur le chantier pour former une structure flexible, perméable et monolithique pour protéger les berges, contre l’érosion. 
 
"Aujourd’hui, nous sommes en train de travailler et de sensibiliser les populations de la Langue de Barbarie, afin qu’elles évitent de stationner leurs pirogues sur les ouvrages et de laisser l’emprise, pour une meilleure protection des concessions à bord de la mer", a renseigné Aly Tounkara.
 
Selon lui, les financements de l’Etat du Sénégal, de la France et la Banque mondiale, devraient permettre de "régler la situation des populations de la Langue de barbarie face à l’érosion côtière, avec un programme de déplacement et de relogement d’une partie des personnes touchées, vers d’autres sites bien viabilisés et plus sécurisés".
 
Il affirme que dans cette perspective, l’Etat du Sénégal dispose d’un "programme global de protection de tout le littoral, avec des solutions définitives, pour lutter contre l’avancée de la mer afin d’assurer une sécurité des côtes sénégalaises".

BD/BK/ASG