Réhabilitation de la ligne Dakar-Bamako : l’écart métrique,
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Réhabilitation de la ligne Dakar-Bamako : l’écart métrique, "solution la plus rapide et la moins coûteuse" (ITF)

Thiès, 30 mai (APS) - La réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar-Bamako, avec écart métrique qui convient, est la solution la plus rapide et la moins coûteuse pour la relance de cette ligne, a indiqué le président de la section cheminote de la Fédération international du transport (ITF).

M. Gobé, à la tête d’une délégation, venait de s’entretenir mercredi avec ses homologues syndicalistes cheminots sénégalais dans les locaux de la société Dakar-Bamako ferroviaire (DBF), à la cité Ibrahima Sarr, dans la capitale du rail.
 
La visite fait suite à un séjour de la délégation de l’ITF au Mali depuis vendredi et au Sénégal à partir de lundi, afin de s’enquérir de la crise qui secoue la ligne ferroviaire reliant les deux pays, et se solidariser de leur combat, pour la survie de leur outil de travail. 
 
Depuis presque un an, DBF est à l’arrêt, avec son lot de problèmes sociaux. 
 
Les cheminots maliens, restés dix mois sans salaires, avaient observé une grève de la faim, alors que leurs homologues sénégalais étaient aussi en mouvement pour exiger notamment une régularité de leurs émoluments et une prise en charge médicale.
 
"J’ai rencontré beaucoup de cheminots cette semaine, j’ai beaucoup discuté avec eux, sur les médias sociaux, dans le monde entier, j’ai pris mes renseignements, et la solution est dans la réhabilitation de cette ligne avec l’écart métrique" adéquat, a dit M. Gobé, interpellé sur la question.
 
Il estime que "c’est la solution la plus rapide et la moins coûteuse", soulignant la nécessité pour le Sénégal et le Mali de retrouver une voie de desserte portuaire sur Dakar, et de faire en sorte que les gens qui vivent de cette ligne partout puissent retrouver leur travail.
 
M. Gobé a appelé à "ne pas tomber dans les fantasmes ou dans certaines folies", au cas où il faudrait consentir des investissements dans la relance de cette ligne.
 
Il souligne qu’ "installer une ligne à gabarit standard demande des années d’études, un temps de financement, de construction, d’exploitation".
 
"Ce n’est pas aujourd’hui l’actualité", a-t-il poursuivi, estimant l’actualité, c’est que dans les mois, les semaines qui suivent, tout soit fait pour que tout le savoir des cheminots, retraités comme actifs, soit "concentré pour reformer les jeunes à l’exploitation ferroviaire".
 
David Gobé a noté avoir constaté "une perte de savoir" du fait de l’arrêt depuis un an de la ligne.
 
Le syndicaliste français assure que "la meilleure expertise, c’est celle des cheminots", assurant que l’ITF compte jouer un rôle dans les échanges de savoir-faire entre cheminots.
 
Concernant la gestion de cette ligne, il note que l’ITF "croit au service public ferroviaire et à la coopération", même s’il dit avoir constaté dans certaines sphères de décision, "une influence de l’idéologie libérale".
 
L’échec des expériences de privatisation de cette ligne sénégalo-malienne, semble pourtant donner raison à l’option du service public, a-t-il laissé entendre. 
 
Des concessionnaires s’étaient vus par le passé confier l’exploitation de cette ligne, la dernière en date étant la société Transrail.
 
 

ADI/BK