Assurances : le manque d’organisation décrié par des acteurs des transports à Kaolack
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SENEGAL-TRANSPORTS

Assurances : le manque d’organisation décrié par des acteurs des transports à Kaolack

Kaolack, 26 juin (APS) - Des acteurs du transport routier de Kaolack (centre) plaident pour une meilleure organisation du secteur des assurances, estimant que la situation actuelle ne leur garantit pas toujours une prise en charge en cas d’accident.
 
"L’assurance doit être mieux contrôlée, les chauffeurs ont souvent des problèmes de prise en charge en cas d’accident, car ils souscrivent souvent avec des sociétés qui ne respectent pas les normes requises", a déclaré à l’APS Serigne Kouta, secrétaire général national du syndicat du transport routier.
 
Le chauffeur de taxi Ablaye Ndiaye estime lui qu’il "n’y a plus d’assurance dans le secteur du transport" et accuse les sociétés du secteur de visées "purement commerciales".
 
 "L’aspect protection n’est pas mis en avant et c’est très dommage. Aussi, la procédure en cas d’accident est très lente et très souvent n’aboutit jamais", fustige-t-il.

"Les assurances sont chères et la procédure en cas d’accident est pénible. Moi, j’ai été victime d’accidents à plusieurs reprises, mais l’assurance ne m’a pris en charge qu’une seule fois au terme d’une longue bataille au bout d’une procédure interminable", témoigne son collègue Modou Mbengue. 
 
Modou Dème, conducteur de moto-jakarta, a lui son idée sur la question. "Les assureurs ne nous prennent pas en charge parce que nous sommes considérés comme des dangers ambulants, dit-il. La plupart d’entre nous n’ont pas de permis de conduire [et ont] une connaissance limitée du code la route". 
 
Il invite en conséquence les autorités à aider les acteurs du secteur à mieux s’organiser. 
 
"La région de Kaolack est une zone accidentogène car c’est une zone carrefour. Nous avons certes un problème de renouvellement de notre parc automobile, mais aussi beaucoup d’accidents sont causés par les voitures venant de la sous-région qui ne respectent pas souvent les limitations de vitesse", déplore Serigne Kouta, également président de l’antenne régionale de la Prévention routière. 
 
Du côté des assureurs, l’"anarchie" qui règne dans le milieu est mis en avant par certains professionnels rencontrés par l’APS, à l’image de Cheikh Dieng, responsable de l’agence Amsa-assurance.
 
"Il faut reconnaître que le non-respect des normes est un problème réel dans le milieu des assurances", dit-il mais "c’est le rôle de la fédération de réglementer le milieu". Selon lui, cette dernière "fait souvent des descentes pour contrôler et vérifier si les normes requises pour distribuer de l’assurance sont respectées". 
 
Il invite les chauffeurs et les conducteurs "à aller vers les structures agréées pour se procurer des assurances en bonne et due forme". D’après lui, "en cas d’accident, si les papiers sont en règle, dans les normes, on ne dépasse pas 30 jours pour entrer dans ses fonds". 
 
Sa collègue de Axa assurances, qui préfère garder l’anonymat, déclare que "l’assurance qui intéresse souvent les chauffeurs de transport en commun est celle qui garantit la responsabilité civile (RC )". Or, "en cas d’accident, dit-elle, la procédure implique souvent deux structures et la procédure a tendance à être longue dans ce cas de figure". 
 
"Souvent, nous faisons face à des chauffeurs de transport en commun qui ne prennent l’assurance que pour échapper aux contrôles des agents de la police. Ainsi, ils ne sont intéressés que par la garantie de la responsabilité civile qu’ils appellent assurance policier. Donc, il est très difficile de les intéresser aux autres garanties", explique-t-elle.
 
 L’édition 2019 de la Semaine nationale de la prévention routière porte sur le thème "Accidents de la circulation et assurances".

AFD/AMD/ASG/BK