Plaidoyer pour des positions harmonisées dans l’espace de la CSRP
APS
SENEGAL-AFRIQUE-PECHE-ENVIRONNEMENT

Plaidoyer pour des positions harmonisées dans l’espace de la CSRP

Dakar, 11 avr (APS) - Les Etats membres de l’espace régional des pêches doivent harmoniser leurs positions et passer de la coopération à l’intégration pour faire face à la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN), a plaidé mardi, Tafsir Malick Ndiaye, juge au tribunal international du droit de la mer, à Hambourg (Allemagne).

"La coopération règle les problèmes de la souveraineté étatique mais les Etats en Afrique de l’Ouest n’ont pas souvent les polices de pêche suffisamment efficaces pour faire face à ce fléau", a-t-il relevé.

"Si on faisait de la coopération une intégration ou bien faire de la pêche une compétence transférée, en mutualisant les ressources, les Etats mettent en commun leurs ressources, ils pourraient utilement lutter contre cette pratique de pêche illicite", a soutenu le juge. 

Il s’exprimait en marge d’un atelier de validation du plan d’actions sous-régional de mise en œuvre de l’Avis consultatif du tribunal international du droit de la mer.

Le juge a cité le Sénégal qui a durcit sa législation concernant la pêche en épinglant beaucoup de bateaux qui avaient des sommes considérables.

"Ce sont ces types d’actions qu’il faut amplifier pour protéger le pays, car un secteur comme la pêche est fondamental pour le Sénégal", a soutenu le juge Tafsir Malick Ndiaye.

Le juge Ndiaye, membre du tribunal ayant rendu l’Avis consultatif sur la pêche INN, a relevé que cette pêche constitue un manque à gagner pour les Etats membres de la commission sous régionale des pêches (CRSP).

"Un pays comme le Sénégal perd près de 45 milliards de francs CFA par an à cause de cette pratique, alors que la pêche constitue le premier poste d’exportation du pays", a signalé M. Ndiaye, relevant que ce secteur est une source prodigieuse de richesse.

Le tribunal international du droit de la mer a mis en place des séries de règles opposables à l’ensemble des bateaux pirates, d’une part, et aux Etats dits du pavillon,d’autre part, a-t-il indiqué.

"Toutes les initiatives conjuguées, aujourd’hui, de l’ordre des Nations unies et de l’espace régional, permettent de lutter, efficacement, contre cette pêche illicite, non déclarée et non réglementée", a souligné le juge Tafsir Malick Ndiaye.

Cependant, a-t-il fait savoir, "ceux qui s’adonnent à cette pratique, sont très ingénieux car, à la suite de cet accord, nombreux sont les bateaux, battant ces Etats-pavillon de pays occidentaux, qui viennent prendre le pavillon des pays de la sous région".

"Cela donne encore d’autres formes de pêche illicite. Ce sont de nouveau défis à relever et le plan d’actions devra se charger de voir comment faire face à ce fléau", a-t-il déclaré, précisant que les Etats du pavillon eux mêmes se rendent compte qu’ils peuvent être attraits devant les juridictions internationales.
 

SBS/OID/ASB