L’implantation
APS
SENEGAL-AFRIQUE-PECHE-PLAIDOYER

L’implantation "croissante" d’usines de production de farine de poisson déplorée par un acteur du secteur

Mbour, 23 août (APS) - Le président de l’Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche maritime (APRAPAM), le Sénégalais Gaoussou Guèye, déplore l’implantation selon lui croissante d’usines de production de farine de poisson en Afrique de l’Ouest, un produit utilisé pour l’alimentation des animaux.
 
"Aujourd’hui, en raison d’une demande accrue sur les principaux marchés internationaux, offrant des prix très rémunérateurs, les usines de farine de poisson se multiplient, y compris en Afrique", a-t-il regretté, mardi, à Mbour, au cours d’une séance d’information à l’intention de la presse, en perspective de la septième édition du Forum de la pêche artisanale.
 
"Au Sénégal, il y a maintenant une dizaine d’usines agréées. En Mauritanie, leur nombre est passé de six à 23 depuis 2010, puis à 29 en 2015. Deux usines viennent aussi d’être construites, alors que dans la sous-région, le nombre d’usines actives non enregistrées est plus important", a souligné M. Guèye. 
 
Or, le Groupe de travail du comité des pêches pour l’Atlantique centre-est (FAO/COPACE) sur l’évaluation des stocks démerseaux côtiers, composé d’experts des Etats côtiers et ceux de pays présents dans le secteur d ela pêche dans la sous-région ouest-africaine, "recommande depuis plusieurs années la réduction de l’effort de pêche sur cette ressource en état de surexploitation".
 
Ce qui, aux yeux de Gaoussou Guèye, paraît difficile, faute d’une gestion concertée au niveau régional, compte tenu de "la pression croissante", notamment liée à la pêche pour la farine.
 
"Traditionnellement, on utilisait, d’une part, des espèces pour lesquelles il y a peu de demande en consommation humaine directe et, d’autre part, des excédents de capture, des rejets de pêche et des résidus de transformation", a-t-il signalé.
 
Compte tenu de la nouvelle situation, "la rareté se fait déjà sentir à travers la flambée des prix de la sardinelle sur les plages", les usines de production de farine de poisson se tournant "vers le poisson frais, en particulier la sardinelle, pêché par des navires industriels et artisans, armés à cet effet", pour satisfaire une demande croissante, a-t-il indiqué.
 
Aussi la production de farine de poisson se présente-telle comme "un concurrent potentiel " des marchés de consommation selon M. Guèye, fragilisant ainsi la sécurité alimentaire des populations démunies d’Afrique de l’Ouest.
 
La prochaine édition du Forum de la pêche artisanale se tiendra le 13 septembre prochain à Mbour, à l’initiative de l’APRAPAM, en partenariat avec le Réseau des journalistes pour une pêche responsable et durable en Afrique de l’Ouest (REJOPRAO) et le Conseil national de l’interprofessionnel de la pêche artisanale (CONIPAS).
 
Cette manifestation portera sur le thème "La production de farine de poisson : enjeux pour les communautés côtières ouest-africaines".
 
 
ADE/BK