Le développement
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AFRIQUE-PECHE

Le développement "incontrôlé" des usines de farine de poisson, "un fléau pour les communautés côtières" (président APRAPAM)

Mbour, 13 juin (APS) - Le développement "incontrôlé" des usines de production de farine de poisson représente un "fléau" pour les communautés côtières et autres acteurs de la pêche artisanale, affirme le président de l’Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche artisanale maritime (APRAPAM), Gaoussou Guèye.

"Le dernier fléau qui s’est abattu sur nos communautés, à savoir l’implantation et le développement incontrôlés des usines de farine de poisson. Au lieu de nourrir nos populations, nos poissons vont nourrir des animaux d’élevage, saumons, volailles, porcs, etc. en Asie, en Europe ou ailleurs", a-t-il déploré.
 
Et M. Guèye de se demander si cette situation est acceptable dans des pays où "une grande partie de la population ne mange déjà plus à sa faim ? Est-ce que c’est juste ?", a-t-il insisté au cours du huitième forum des acteurs de la pêche artisanale, organisé par l’APRAPAM, avec le soutien de la Confédération africaine des organisations professionnelles de pêche artisanale (CAOPA).
 
"C’est pour répondre à ces questions, et pour proposer des politiques alternatives que nous sommes réunis aujourd’hui. Dans la plupart de nos pays africains côtiers, la pêche artisanale est la colonne vertébrale des communautés côtières, et son dynamisme est une garantie d’un développement durable", a dit Gaoussou Guèye, par ailleurs président de la CAOPA.
 
"Le combat de l’APRAPAM, de toutes les organisations professionnelles membres de la CAOPA et de leurs partenaires, c’est de faire le nécessaire pour défendre les droits de nos communautés à des conditions de travail décentes", a fait valoir Guèye. 
 
Il juge nécessaire d’exiger des Etats qu’ils "s’engagent résolument pour une gestion durable et transparente" des ressources halieutiques, de même doivent-ils selon lui donner une "priorité d’accès" à ceux qui contribuent à la sécurité alimentaire des populations, en impliquant les hommes autant que les femmes du secteur de la pêche artisanale dans cette gestion.
 
Dans la mesure où les pays concernés se sont engagés à promouvoir une pêche artisanale durable et un travail décent dans la pêche, il note que ce forum offre pour la CAOPA et l’APRAPAM l’opportunité de mettre en lumière les conditions de vie et de travail dans la pêche artisanale africaine, avec un focus sur les femmes. 
 
Cette option de mettre en exergue les femmes en lien avec la dimension genre est justifiée par l’importance de leur place dans la filière de la pêche artisanale, en particulier les opérations post-capture, à savoir la transformation et la commercialisation des produits frais ou transformés.
 
Il cite le manque d’accès à l’eau et à l’électricité parmi les difficultés auxquelles les femmes du secteur se trouvent confrontées, sans compter la dureté de leurs conditions de travail, dans le cas par exemple des "femmes transformatrices et leurs jeunes enfants qui passent leurs journées dans la fumée".

ADE/BK/ASG