La pêche artisanale,
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AFRIQUE-PECHE-PLAIDOYER

La pêche artisanale, "un secteur marginalisé" dans la prise de décisions (CAOPA)


Mbour, 5 oct (APS) – La pêche artisanale reste, dans la plupart des pays africains, "un secteur marginalisé" dans la prise de décisions à cause d’un manque de reconnaissance de son potentiel, a analysé, mercredi à Mbour, la coordonnatrice du programme genre de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA), Micheline Dion Somplehi.

 
La CAOPA veut donner une réponse à cet enjeu que constitue la pêche artisanale en faisant entendre la voix des professionnels, hommes et femmes, de ce secteur, "pour une meilleure prise en compte de la pêche artisanale au niveau des politiques des Etats" a soutenu Mme Somplehi.


"Mais, pour nous permettre de jouer ce rôle, les professionnels de la pêche artisanale doivent être reconnus comme interlocuteurs directs des décideurs. Des mécanismes doivent être mis en place pour qu’il y ait une réelle participation de tous et de toutes" lit-on dans un document remis aux participants à l’atelier d’élaboration du "Guide du Genre" pour une mise en œuvre des directives volontaires pour une pêche artisanale durable ouvert à Mbour.


Micheline Dion Somplehi qui plaidé "une meilleure prise en compte de la pêche artisanale" dans les politiques publiques a, en outre, signalé qu’un consensus est nécessaire entre toutes les parties prenantes sur la question que constituent les activités de la chaine de valeur de la pêche artisanale.


"Dans un tel exercice, les femmes doivent relever le défi supplémentaire de faire reconnaître leurs activités tout au long de la chaîne de valeur des produits halieutiques, afin que leurs droits soient reconnus et qu’elles aient un accès équitable aux ressources et appuis disponibles pour le secteur" a-t-elle insisté.


Elle a fait valoir que ‘’la participation libre et entière des femmes’’ du secteur partout où se décide l’avenir du secteur est "indispensable", que ce soit au sein des organisations professionnelles et communautaires, dans les négociations avec les Etats, les organismes de financement et autres institutions.


"Dans leurs contextes régionaux et professionnels, les femmes doivent identifier des demandes prioritaires à faire à leurs Etats et à toutes les autres parties prenantes de la pêche artisanale. Mais aussi développer une stratégie claire pour atteindre ces objectifs avec un calendrier et un plan d’actions. Ce qui passe par un guide sur l’égalité entre homme et femme pour la mise en œuvre des directives volontaires", a expliqué Mme Somplehi.


 Pour elle, ces directives offrent une occasion unique aux femmes de s’unir aux niveaux local et régional, en établissant des réseaux avec d’autres organisations, "afin de pouvoir revendiquer des positions égales au sein des organisations professionnelles de la pêche artisanale, conformément à la dynamique de réseaux et de représentation égalitaire qui est une priorité de la CAOPA" a-t-elle insisté.


La coordonnatrice de son programme "Genre" de la CAOPA qui a plaidé "la participation et l’inclusion des femmes" dans toutes les politiques pouvant affecter la pêche artisanale, a déclaré que ce guide soumis à l’élaboration a l’ambition d’aider les communautés de pêche et leurs organisations, ainsi que ceux qui conçoivent et mettent en œuvre des politiques et programmes liés à ce secteur, à comprendre et à les utiliser afin de protéger et de promouvoir les droits des hommes et des femmes.


ADE/PON