L’APRAPAM note un développement de la filière farine de poisson
APS
SENEGAL-AFRIQUE-PECHE-PLAIDOYER

L’APRAPAM note un développement de la filière farine de poisson

Mbour, 24 août (APS) – La filière farine de poisson est en train de se développer au détriment des emplois dans le domaine de la pêche artisanale, surtout chez les femmes transformatrices et les mareyeurs fournisseurs de ces petits pélagiques pour la consommation locale et régionale a indiqué, mercredi, le président de l’Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche maritime (APRAPAM), Gaoussou Guèye.



"Au Sénégal, une seule pirogue dite senne tournante, en activité, peut mobiliser plus d’une centaine de personnes, chacune ayant derrière elle une famille à nourrir", a soutenu M. Guèye à une séance d’information au siège de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA) sis à Mbour (ouest).

La rencontre avec les journalistes est initiée en prélude au 7e Forum de la pêche artisanale prévu le 13 septembre prochain.

D’après lui, la présence des femmes dans la distribution et la transformation artisanale de la sardinelle constitue "un facteur favorable" aux politiques de réduction de la pauvreté.

"Sur les 600 000 pêcheurs artisanaux dénombrés au Sénégal, 20% relèvent de la seule pêcherie de sardinelle. Et de nombreux métiers connexes (distribution du poisson, transformation artisanale, etc.) associés à la pêcherie de sardinelles se caractérisent par de faibles barrières à l’entrée, en termes de capital, qualification et savoir-faire et emploient des milliers de personnes", a expliqué M. Guèye.

Il a rappelé qu’en 2015, le Centre de recherche océanique de Dakar-Thiaroye (CRODT) a recensé 2101 pirogues porteuses de sennes tournantes, avec un potentiel humain de plus de 200 000 personnes vivant des activités de ces unités. En comparaison, une usine de production de farine n’offre que quelques dizaines d’emplois.

Gaoussou Guèye a aussi évoqué les nuisances écologiques et autres dangers pour la santé publique causés par ces unités industrielles qui rejettent des déchets toxiques dans la mer avec, mais également dégagent une fumée épaisse dégagée.

Egalement président de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA), il a rappelé les désagréments causés par une explosion ayant occasionné mort d’hommes dans une usine de production de la farine de poisson, dans la zone de Mballing, dans la périphérie de la commune de Mbour.

Soulignant l’existence d’autres intrants que le poisson frais pour produire de la farine, Gaoussou Guèye a jugé "impératif" de réguler l’implantation des usines et de contrôler leurs activités.

"Il est impératif également de diminuer la consommation de farine pour l’aquaculture et l’élevage industriel", a-t-il conclu.


ADE/PON