L’ANA aide à empoissonner une ferme piscicole à Ndiéyène Sirakh
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SENEGAL-PECHE

L’ANA aide à empoissonner une ferme piscicole à Ndiéyène Sirakh

Ndiéyène Sirakh (Thiès), 21 août (APS) – Un pisciculteur privé de Ndiéyène Sirakh a empoissonné un de ses quatre nouveaux bassins piscicoles grâce à l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA), qui lui a offert 10.050 alevins de tilapia, a constaté l’APS, vendredi, dans cette commune située dans la région de Thiès (ouest).
 
‘’Aujourd’hui, nous avons démarré l’empoissonnement d’un bassin avec 10.050 sujets de tilapia d’eau douce (waas, en wolof)’’, a dit Tening Sène, la directrice générale de l’ANA, promettant d’aider à l’empoisonnement des autres bassins exploités par Modou Thiaw.
 
M. Thiaw a également reçu de l’Agence nationale de l’aquaculture une tonne d’aliments destinés à ses poissons.
 
Pour Mme Sène, l’ANA aide ainsi à promouvoir une activité économique que connaissent peu de Sénégalais, la pisciculture, l’élevage des poissons. Elle veut, de cette manière, encourager d’autres personnes à se lancer dans la pisciculture. 
 
Modou Thiaw, lui, exploite une dizaine de bassins piscicoles dont quatre nouveaux de 400 mètres carrés. Il a déjà acquis, avec ses propres moyens, plus de 10.000 alevins de clarias, l’une des espèces qu’il élève, avec le poisson-chat et le tilapia. 
 
Il dit avoir passé une commande d’aliments pour poissons à l’étranger. L’ANA lui a envoyé une technicienne formée par l’Institut de technologie alimentaire et spécialisée dans la transformation du poisson-chat. Elle va aider à valoriser la ferme piscicole de M. Thiaw, qui mise beaucoup sur le poisson-chat, une espère à ‘’forte valeur commerciale’’ quand elle est séchée, appelée ‘’guédji yes’’ en wolof et vendu jusqu’à 8.000 francs CFA le kilo.
 
En huit mois, un poisson-chat peut peser deux kilos, affirme la directrice générale de l’ANA, soulignant que la pisciculture est un secteur d’importance pour le Plan Sénégal émergent.
 
Selon elle, l’Agence nationale de l’aquaculture veut faire en sorte que ce sous-secteur de la pêche puisse générer 35 milliards de francs CFA par an, pendant une décennie, et créer 20.000 emplois. 

La pisciculture contribue également à la satisfaction des besoins en protéines des Sénégalais. Ces derniers tirent 70% de leurs apports en protéines des produits de la mer, a indiqué Tening Sène.
 
L’aquaculture peut contribuer à ‘’notre souveraineté alimentaire’’, surtout dans un contexte où la pêche maritime semble atteindre ses ‘’limites’’, a-t-elle souligné. 
 
Le développement de ce sous-secteur de la pêche se fera avec le secteur privé, a-t-elle dit, estimant qu’avec une production de 1.000 tonnes par an au Sénégal, la contribution de l’aquaculture ‘’est actuellement faible’’. 
 
‘’C’est une activité relativement nouvelle, pas encore très connue’’, a remarqué la directrice générale de l’ANA.
 
La région de Thiès, avec sa frange côtière, est un espace fertile pour l’aquaculture, selon Tening Sène. Quarante-neuf fermes piscicoles ont été recensées dans la région, a-t-elle indiqué.
 
Modou Thiaw, adjoint au maire de Ndiéyène Sirakh, agriculteur et horticulteur, intègre la pisciculture à ses activités économiques.

M. Thiaw a investi 40 millions de francs CFA dans la construction et l’entretien de ses bassins piscicoles, selon Isma Sène, superviseur du pôle de développement de la commune de Ndiéyène Sirakh. 
 
La ferme de l’élu local emploie actuellement 27 jeunes, a dit M. Sène.

ADI/ESF/ASG