Pour une ’’meilleure transparence’’ dans le secteur de la pêche
APS
SENEGAL-PECHE-GOUVERNANCE

Pour une ’’meilleure transparence’’ dans le secteur de la pêche

Mbour, 3 oct (APS) - Des acteurs de la pêche artisanale de plusieurs localités du Sénégal, rassemblés jeudi au quai de pêche de Mbour (ouest), ont plaidé une ’’meilleure transparence’’ et une ’’bonne gouvernance’’ dans la gestion du secteur de la pêche au Sénégal, a constaté l’APS.

‘’Le processus d’implantation des usines, d’octroi des licences de pêche et de suivi des dossiers des processus d’implantation des usines de pêche et des arraisonnements de navires auteurs d’infractions en lien avec les pêcheries de petits pélagiques au Sénégal n’est pas transparent’’, a déploré le coordonnateur du réseau national des conseils locaux de pêche artisanale (CLPA), Ndiaga Cissé.
 
Ces acteurs, regroupés au sein de la coalition nationale pour la transparence dans la gestion des petits pélagiques au Sénégal, estiment notamment que ‘’les professionnels de la pêche ne sont pas suffisamment et activement impliqués dans le processus de délivrance d’autorisationS d’implantation d’usines dans le secteur de la pêche’’. 
 
Cette situation constitue ‘’un sérieux problème de transparence’’ et compromet ainsi la durabilité des pêcheries de petits pélagiques, a alerté Ndiaga Cissé, coordonnateur du réseau national des conseils locaux de pêche artisanale (CLPA).

Il signale que ‘’des implantations effrénées d’usines de transformation ciblant les petits pélagiques sont constatées au niveau des débarcadères.
 
‘’Les études d’impact environnemental et social ne tiennent pas suffisamment compte [...] du potentiel exploitable des stocks de petits pélagiques dont les principales espèces sont surexploitées’’, ont déploré les membres de cette coalition, qui regroupe l’essentiel des organisations professionnelles de la pêche artisanale du Sénégal.

Au cours de cette mobilisation sociale, Ndiaga Cissé a révélé qu’en 2019, le Sénégal compte 134 établissements à terre et 105 navires agréés à l’exportation, contre 94 usines à terre et 82 bateaux agréés en 2014. 

Le pays s’est donc enrichi entre temps au rythme de dix nouvelles usines et de cinq nouveaux bateaux agréés par an, a-t-il révélé. Il considère que la prolifération des usines de transformation, notamment celles de production de farine de poisson a contribué à la surcapacité de pêche des petits pélagiques et à la pollution des zones côtières.
 
‘’Cette prolifération constitue une menace pour la transformation artisanale et la sécurité alimentaire. Concernant les licences de pêche, notre secteur est confronté à un manque à gagner énorme et une sous-estimation des captures, à cause des fausses déclarations de certains bateaux’’, ont déploré les membres de cette coalition.

ADE/ASG/AKS