Tabaski : le ’’blues’’ des gérants de services de transfert d’argent de Mbour
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Tabaski : le ’’blues’’ des gérants de services de transfert d’argent de Mbour

Mbour, 27 juil (APS) – A cinq jours de la célébration de la fête de Tabaski, une période habituellement propice à l’accroissement des chiffres d’affaires, les gérants des services de transfert d’agent basés à Mbour (ouest) ne se frottent pas encore les mains.

Les gérants des services de transfert d’argent de Mbour déjà fortement impactés par la crise engendrée par la pandémie du coronavirus, sont en train de vivre des fortunes diverses en cette veille de la célébration de la fête musulmane de la tabaski.

L’essentiel des établissements financiers ont installé des succursales dans la capitale de la Petite-Côte, une zone touristique et un centre de pêche artisanale important de la région de Thiès.

La localité est un véritable pôle d’attraction, recevant des populations venues de toutes les autres régions du pays et de la sous-région ouest-africaine qui viennent dans l’espoir de trouver un futur meilleur.

La digitalisation financière aidant, le système de transfert d’argent est devenu, en un temps record, très présent à Mbour, au grand bonheur des populations.

Gérante d’une agence de transfert d’argent au centre-ville de la commune de Mbour, Fatime Sarr, masque et lunettes bien vissés au visage, est en train de faire une opération pour une vieille dame venue faire un retrait d’argent.

Malgré la pandémie du COVID-19, elle dit s’en sortir "merveilleusement bien", pour avoir su s’adapter à la situation en diversifiant ses activités. En plus des opérations de transfert et de retrait d’argent, la gérante dit collaborer avec deux entrepreneurs, un menuisier et un maçon qui travaillent surtout dans l’hôtellerie.

"Pour le paiement des salaires de leurs travailleurs, ils nous ont fait confiance pour le faire par des transferts", a-t-elle expliqué, sans donner plus de précisions sur les chiffres de ce partenariat.

La cinquantaine, Abdoulaye Faye, gère un service de transfert d’argent au quartier Mbour-Toucouleur, sur la route de Joal-Fadiouth."Cette maladie (le Covid-19) est une véritable malédiction, parce que nos revenus sont, de plus en plus, en baisse", a-t-il dit.

Nostalgique, Faye soutient que les dépôts et les transferts de ses clients pouvaient atteindre 700 000 francs CFA par jour. Il déclare ne pas être en mesure d’avoir maintenant le montant de 250 000 francs CFA.

"C’est grave", a-t-il lancé, ajoutant que "l’argent ne circule plus !" en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus.

Sur l’avenue Demba Diop, la plupart des gérants de multiservices disent vivre la même situation en cette veille de la célébration de la fête de Tabaski.

"Avant cette maladie, j’arrivais à faire des dépôts qui avoisinaient le million de francs CFA avant même la tombée de la nuit", fait savoir El Hadji Samb.

Depuis l’apparition du Covid-19 le 2 mars au Sénégal, Samb déclare avoir du mal à se retrouver avec un cumul de dépôts atteignant 500 000 francs CFA. "C’est à cause de cette maladie et personne ne peut me convaincre du contraire !", s’est-il exclamé.

Khadim Sèye dont le service est situé non loin du marché central de Mbour, en face du siège de la société Sen ’Eau, souligne avoir beaucoup été impacté par le Covid-19 lors de la célébration de la fête de Korité.

"C’est devenu un mauvais souvenir. Les choses sont revenues à la normale et nous menons à bien nos activités comme si de rien n’était", a-t-il dit.

Alassane Sylla, un autre gérant basé au quartier de Téfess, confirme que la situation était beaucoup plus difficile auparavant, même s’il a constaté une baisse de son chiffre d’affaires.

A l’en croire, n’eût été les autres services, notamment les photocopies, les imprimeries, les scanners et autres consommables informatiques, il lui serait "très difficile" de payer le loyer de son magasin.

Chez Khadija, une autre gérante de multiservices, c’est presque le même son de cloche. Sauf qu’ici, on ne fait pas seulement du transfert et de dépôt d’argent.

"Si nous n’avons pas trop ressenti l’impact négatif de la COVID-19, c’est parce que nous avons, dès le départ, diversifié notre offre", a-t-elle expliqué, citant la gestion immobilière, la vente de consommables de la bureautique et des journaux.

ADE/ASB/AKS