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SENEGAL-CEREALES-TRANSFORMATION

Un "couscous économique" mis au point par l’ITA à travers un procédé allégé de fabrication

Thiès, 4 sept (APS) - L’Institut de technologie alimentaire (ITA) a contribué à augmenter la production industrielle du couscous, en mettant au point un procédé allégé de fabrication dénommé "couscous économique", nécessitant moins de main d’œuvre, de temps et un coût de production moindre, a indiqué, mardi, à Thiès, son chargé des relations extérieures, Fallou Sarr.

M. Sarr intervenait en marge de l’ouverture d’une rencontre sous-régionale de trois jours sur le développement de la filière mil, regroupant près d’une centaine de chercheurs venus du Burkina Faso, du Mali et du Niger, en plus de leurs homologues sénégalais, américains et anglais.
 
Tout est parti d’un entrepreneur qui s’active dans la transformation de céréales, et dont un des produits, le couscous, intéressait particulièrement un partenaire espagnol, a raconté M. Sarr, par ailleurs, directeur des relations extérieures de l’ITA et coordonnateur de l’équipe de recherche sur les céréales au sein de l’établissement public œuvrant dans la recherche-développement en alimentation et nutrition.
 
Dans le but de satisfaire la demande de ses clients, dont des membres de la forte communauté sénégalaise résidant en Espagne, le partenaire espagnol commandait trois conteneurs par mois à l’entrepreneure sénégalaise. 
 
"En rassemblant une main d’œuvre extrêmement importante, (elle) ne pouvait faire qu’un conteneur tous les trois mois", a poursuivi Fallou Sarr. 
 
C’est alors que l’opératrice s’est approchée de l’ITA pour chercher une solution. Une équipe de chercheurs s’est alors réunie pour étudier la question.
 
Ils ont constaté que pour faire du couscous, le mil est transformé jusqu’au stade farine, pour ensuite passer à la phase de roulage. Or, l’équipe s’est rendu compte que la particule que donne le roulage, peut être obtenue sans passer par l’étape de farine, a expliqué le directeur chargé des relations extérieures de l’ITA.
 
"On a essayé la semoule, qui a à peu près la même taille que le couscous, qu’on a hydratée et passée à la vapeur, et on a obtenu du couscous", a-t-il signalé.
 
Ce procédé a permis d’utiliser "moins de main d‘œuvre, produire beaucoup plus de volume, en si peu de temps et d’utiliser d’autres ressources moindres par rapport au roulage". D’où l’appellation "couscous économique", que certains utilisateurs dénomment aussi "kaas tay" (hydrater et vaporiser, en wolof). 
 
Selon Fallou Sarr, l’entreprise requérante parvient désormais, grâce à cette technique, à produire "six conteneurs tous les 15 jours".
 
Depuis que cette technologie a été diffusée auprès des entrepreneurs, "pratiquement toutes les entreprises qui sont dans le secteur de la transformation de céréales locales et qui font du couscous, utilisent ce process", a-t-il noté. 
 
Le couscous économique qui peut se faire avec le maïs ou mixage maïs-mil, leur fait gagner du temps et du volume, a fait valoir M. Sarr, avant d’ajouter que les entreprises concernées "se sont renforcées en termes de chiffres d’affaires".
 
Partant, il a fait état d’une augmentation du nombre d’unités de transformation, "avec une plus grande confiance de ceux qui hésitaient à multiplier leurs unités de production".
 
Fallou Sarr n’a pas donné de chiffres portant sur le nombre d’unités et le volume de la production de couscous, mais il a souligné l’impact de cette technologie sur l‘économie et l’emploi, vu que le couscous est un des produits les plus consommés au Sénégal et dans sa diaspora.
 
Il a par ailleurs signalé que l’ITA a créé une machine appelée "le rouleur" pour effectuer ce roulage qui, traditionnellement, est effectué à main nue par les femmes.
 
Parmi les avantages du "couscous économique", il a évoqué la réduction du coût de production et du temps de séchage avec l’utilisation de moins d’eau dans l’hydratation. "On a augmenté sensiblement le temps de conservation", a-t-il relevé.
 
En mettant au point le couscous économique, l’ITA a permis de "contourner la contrainte principale" de la production du couscous, à savoir le roulage, qui prend beaucoup de temps et fait appel à une importante main d’œuvre, avait de son côté relevé dans son intervention lors de la cérémonie d’ouverture, le directeur de l’ITA, Mamadou Seck. 
 

ADI/BK