L’Europe présente des opportunités de financement aux entrepreneurs sénégalais
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SENEGAL-ECONOMIE

L’Europe présente des opportunités de financement aux entrepreneurs sénégalais

Dakar, 5 nov (APS) – L’Union européenne (UE) a présenté mardi des opportunités d’affaires et de financement à des petites et moyennes entreprises sénégalaises (PME), a constaté l’APS. 
 
La délégation de l’UE au Sénégal a présenté son Plan d’investissement extérieur (PIE), inauguré en 2017, aux entrepreneurs sénégalais, lors d’un atelier.
 
Le PIE s’est vu octroyer quelque 4,5 milliards d’euros pour ‘’lever plus de 44 milliards d’euros pour la période 2017-2020’’, a déclaré la cheffe de la délégation de l’UE à Dakar, Irène Mingasson. 
 
‘’Le PIE est un mécanisme adapté pour utiliser des fonds publics et mobiliser l’investissement privé, notamment en Afrique’’, a ajouté Mme Mingasson.
 
Ce fonds d’investissement privé vise surtout ‘’les créneaux difficilement accessibles pour le secteur privé, mais somme toute primordiaux pour le développement durable’’.
 
Selon Irène Mingasson, les énergies renouvelables, l’industrie agroalimentaire et les infrastructures urbaines sont la cible du plan d’investissement européen. 
 
‘’Les mécanismes d’aide traditionnelle sont par moments insuffisants pour couvrir l’ensemble de ces besoins [et] accompagner efficacement une dynamique positive, inclusive et pérenne’’, ajoute la cheffe de la délégation de l’UE au Sénégal. 
 
Dans cette perspective, elle a noté la nécessité d’une mobilisation des investissements du secteur privé, avec le concept ‘’tekki-fi’’ (réussir ici, en wolof). 
 
‘’Les investissements se dirigent généralement là où la confiance peut s’établir’’, a souligné Mme Mingasson, souhaitant la poursuite de la réforme sur la fiscalité des entreprises au Sénégal.
 
‘’L’application équitable et prévisible doit encourager le développement des entreprises et la concurrence loyale’’, a-t-elle ajouté. 
 
Intervenant à cet atelier, Bagoré Bathily, directeur général de La laiterie du berger, a insisté sur ‘’la concurrence déloyale du secteur informel’’.
 
‘’Il est difficile [d’affronter] des gens qui ne respectent pas les mêmes règles du jeu’’, a souligné le directeur général de cette entreprise sociale installée à Richard-Toll (nord) et développant une filière laitière au Sénégal.
 
Il a par ailleurs parlé des difficultés pour les petites et moyennes entreprises d’accéder à des financements et ne pouvant pas faire grand-chose avec leurs fonds propres. 
 
Prenant part à l’atelier, le directeur général de la Banque agricole, Malick Ndiaye, a déploré ‘’l’insuffisance organisationnelle’’ des acteurs du secteur agricole, à l’exception des filières tomate industrielle et coton. 
 
‘’Or l’agriculture est un secteur à fort potentialités d’emplois pour le Sénégal’’, a relevé M. Ndiaye, ajoutant que ‘’l’agriculture peut bien accompagner les autorités publiques en perspective des politiques d’aménagement du territoire’’.
 
Le secteur agricole a l’avantage de ‘’fixer les jeunes dans leur région d’origine par une agriculture rentable’’, a-t-il poursuivi.
 
Evoquant la spécificité de la Banque agricole par rapport aux institutions financières classiques, Malick Ndiaye a souligné la nécessité d’organiser les agriculteurs en filière pour mieux faciliter l’accès au financement pouvant conduire à ‘’une autosuffisance alimentaire’’, au ‘’développement des unités de transformation’’ et à la ‘’vente de nos produits à l’extérieur’’.

SMD/ESF/ASG