Vol de bétail et santé animale : la recette informatique d’un éleveur
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Vol de bétail et santé animale : la recette informatique d’un éleveur

Dakar, 11 mai (APS) – Amadou Sow, un éleveur de 38 ans, a présenté jeudi à l’APS son application "Daral" mise au point en 2006 pour "géolocaliser" les éleveurs et le cheptel, afin de lutter contre le vol de bétail et améliorer la santé animale.
 
M. Sow revendique actuellement, grâce à cette innovation technologique, une base de données comprenant 2.691 éleveurs inscrits, pour 49.062 bêtes déclarées (caprins, équins, bovins, etc.), dans les départements de Foundiougne, Nioro du Rip et Kaolack (centre).
 
En attendant de pouvoir vulgariser partout au Sénégal l’application "Daral" officiellement lancée en 2014, le jeune éleveur parcourt ces trois départements pour recenser des éleveurs et du bétail, afin de faciliter la recherche en cas de perte du cheptel.
 
L’application facilite aussi l’"alerte précoce" des éleveurs lorsqu’une maladie menace le cheptel, de localiser les pathologies animales, d’en faire connaître les symptômes par une campagne d’information et, au besoin, déterminer le nombre de vaccins nécessaires pour la zone touchée et le type d’animal concerné, avec le soutien du ministère de l’Elevage et des Productions animales.
 
"Au Sénégal, le vol de bétail nous coûte chaque année deux milliards de francs CFA", précise la ministre de tutelle, Aminata Mbengue Ndiaye, dans une vidéo consacrée à la technologie "Dara", dont elle préconise la vulgarisation partout au Sénégal.
 
"C’est une initiative personnelle que j’ai lancée en 2006, à Sokone (région de Fatick), afin de promouvoir la santé animale, la fourniture de statistiques sur le secteur", explique Amadou Sow, un éleveur doublé d’un informaticien.
 
Il s’est lancé dans cette entreprise en mettant en place une société anonyme à responsabilité limitée "Daral Technologies", au retour d’une aventure qui l’a conduit en Mauritanie, où il s’activait dans les transactions immobilières.

"Des mains sures"
 
"Grâce à cette application, on peut savoir à qui appartient tel animal, puisqu’en s’inscrivant, les éleveurs identifient en même temps leur bétail, à l’aide de boucles, de puces électroniques, de numéros ou d’implants. Si une maladie se déclare, nous en informons les éleveurs à l’aide du téléphone portable", explique-t-il.

Le fondateur et directeur général de "Daral Technologies" dit avoir reçu, pour la vulgarisation de cette technologie, des équipements (ordinateurs, appareils photo, etc.) offerts par les services de la société Microsoft au Sénégal. 
 
L’application comprend des "fonctionnalités", dont l’une, baptisée "Transactions" - aux côtés d’autres comme "Notifications", "Recherche", etc. – facilité "la traçabilité" de tout animal muni d’une puce ou d’un implant, afin de "fournir des informations sur l’acheteur et le vendeur", explique M. Sow.
 
Pour garantir l’efficacité de cette technologie, il collabore avec les "daral", les points de vente de bétail situés dans les zones d’intervention de ’’Daral technologies".
 
"Nous voulons inciter les gens à vérifier si l’animal qu’ils achètent est entre des mains sures ou pas. Si on en arrive là, personne ne prendra plus le risque d’acquérir un animal n’étant pas muni d’un objet d’identification", assure Amadou Sow, muni d’un smartphone bourré de données : graphiques, dessins, identifiants et noms d’éleveurs, vidéos, etc.
 
"Notre souhait est de subdiviser chaque département du Sénégal en huit zones d’intervention et de recruter du personnel, qui va s’occuper de la gestion des données informatiques", répond-il, plein d’assurance, à la question de savoir s’il a pris en compte l’incapacité d’une bonne partie des éleveurs de lire les données de l’application.
 
M. Sow dit compter sur la collaboration du ministère de l’Elevage et des autorités administratives décentralisées pour vulgariser cette innovation technologique. 
 
"Il faut d’abord que les autorités sachent ce que nous voulons faire", dit-il, promettant de déployer prochainement les activités de "Daral Technologies" dans le département de Kaffrine (centre), grâce à un financement obtenu à la suite d’un prix remporté récemment au Kenya pour cette innovation.


ESF/ASG