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"Trop tôt pour faire le bilan du PSE", selon un ancien ministre du Budget

Dakar, 15 juil (APS) - Le Plan Sénégal émergent (PSE), un ensemble de projets et programmes de développement dont la mise en œuvre a commencé en 2015, ne peut à ce stade faire l’objet d’un bilan, a soutenu, vendredi, à Dakar, l’ancien ministre du Budget, Ibrahima SAR.
 
"Le PSE, c’est d’abord une alliance et une synergie entre le public et le privé pour réussir le pari du développement économique et social, mais c’est trop tôt pour en faire le bilan", a-t-il déclaré.
 
Ibrahima Sarr, économiste et fonctionnaire du ministère de l’Economie et des Finances depuis plus de 20 ans, prenait part au "Point économique sur le PSE", organisée par la Direction des prévisions et des études économiques (DPEE).
 
Selon l’ancien ministre, "il faut attendre au minimum 5 ans pour en voir les prémisses avec les retombées sur l’investissement", une précaution qui se justifie par ailleurs par "la dépendance" du Sénégal à l’évolution de l’environnement économique international.
 
"Pour aligner les performances économiques et le bien-être des populations, nous avons l’obligation de continuer sur cette tendance de croissance (6,5%) sur 7 à 8 ans", a-t-il relevé devant le directeur général de la DPEE.
 
L’ancien ministre du Plan rappelle que la croissance est créée par l’Etat à partir de la demande publique qui constitue "le coefficient le plus déterminant de cette croissance". 
 
Intervenant dans cette même logique, le représentant de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), Mor Talla Kane, a invité le gouvernement à "aller chercher la croissance également dans la sous-région avec le secteur privé sénégalais pour garantir un développement économique à long terme".
 
Il s’agit également d’intéresser et d’impliquer l’ensemble des acteurs (employeurs, travailleurs et syndicalistes) sur les enjeux du PSE, "avec un niveau de formation adéquat", selon M. Kane.
 
La rencontre a été organisée par la DPEE, pour "évaluer ensemble le chemin parcouru depuis le démarrage du PSE en 2014 et formuler des propositions en vue d’opérer les éventuels ajustements", a précisé le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, dans son mot d’ouverture.
 
Il a fait état de "premières performances économiques et sociales" réalisées par le Sénégal depuis l’adoption et la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent.
 
Amadou Bâ est revenu sur la situation économique avant 2012, marquée "fondamentalement par une croissance faible de moins de 3% sur une longue période, un déficit budgétaire récurrent atteignant 6,7%, une inflation supérieure à 3% sur 2011 et un endettement qui n’était pas maîtrisée". 
 
"Le pays allait vers une situation particulièrement difficile", a-t-il soutenu devant plusieurs acteurs économiques et des représentants d’institutions financières et d’organisations internationales venus prendre part à la rencontre.

ADL/BK