APS
SENEGAL-FINANCES

"L’UEMOA est un terreau fertile pour les FinTech’’ (gouverneur BCEAO)

Dakar, 30 oct (APS) - Les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) représentent "un terreau fertile" pour le développement des entreprises de technologies financières appelées FinTech, affirme le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Tiémoko Meyliet Koné.

"Le contexte africain, caractérisé par une population jeune et ouverte aux nouvelles technologies, notamment la téléphonie mobile, est particulièrement propice au développement des FinTech et représente un terreau fertile pour le développement de cette industrie", a-t-il dit à l’ouverture d’une conférence internationale de deux jours (30-31 octobre) sur les entreprises de technologies financières (FinTech).
 
Selon M. Koné, les entreprises de technologies financières sont appelées à contribuer à "une croissance économique plus dynamique".
 
"En tant que régulateurs, nous devrons veiller à ce que nos politiques et nos actions exploitent de façon optimale le potentiel des technologies financières, tout en préservant la confiance en la stabilité de notre système financier", a-t-il dit.
 
L’UEMOA a pris "avec succès" de développer les entreprises de technologies financières, avec l’émission d’une monnaie électronique, "l’une des premières formes de FinTech apparue dans notre Zone", a indiqué le gouverneur de la BCEAO.
 
Ainsi l’activité d’émission de monnaie électronique a enregistré "une croissance soutenue", le nombre de comptes de monnaie électronique atteignant 62,9 millions à fin 2018 contre 25 millions en 2015, soit une hausse moyenne annuelle de 38%, a-t-il signalé. 
 
Dans le même temps, le montant total des transactions via la téléphonie mobile est évalué à 23.534 milliards de francs CFA contre 7.415 milliards en 2015, selon Tiémoko Meyliet Koné. 
 
Les initiatives prises dans ce cadre par la BCEAO "ont permis de faire passer le taux d’utilisation des services financiers dans l’Union, donc le taux d’inclusion financière, de 26% en 2010 à 57,1% en 2018, avec une contribution de services financiers numériques dépassant le tiers", soutient M. Koné.
 
"Fort des différentes expériences réussies dans les pays, les banques centrales doivent aujourd’hui relever les défis posés par les FinTech, en adoptant des stratégies et un cadre qui favorisent l’innovation financière et une concurrence saine entre les acteurs de l’écosystème", a-t-il souligné.
 
Dans cette perspective, la protection des consommateurs et la stabilité financière, le renforcement de l’éducation financière, la formation des régulateurs aux nouvelles technologies et une collaboration étroite entre pays, au plan régional, comptent parmi les défis à relever pour "un réel succès des FINTECH", a ajouté le gouverneur de la BCEAO.
 
Les gouverneurs de banques centrales de plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre participent à cette conférence internationale sur les FinTech organisée par la BCEAO et la Banque mondiale.
 
Plus de 150 délégués participent à cette rencontre qui se veut un cadre d’échanges pour mieux appréhender les enjeux, défis et perspectives que représente l’émergence des Fintech pour les pays en développement. 
 
Les thématiques qui seront abordées durant cette rencontre concernent d’abord l’application de la technologie au secteur financier, l’évolution du crédit digital, mais aussi les monnaies virtuelles et digitales émises par les banques centrales. 
 
Les différentes approches de régulation et de supervision des FinTech seront également examinées par les participants.
 
 

ADL/BK