L’adhésion du Maroc à la Cédéao doit être basée sur des ‘’critères de convergence‘’
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L’adhésion du Maroc à la Cédéao doit être basée sur des ‘’critères de convergence‘’

Saly-Portudal, 5 nov (APS) - L’intégration du Maroc à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) devrait être corrélée à un certain nombre de "critères de convergence économique" entre ce pays d’Afrique du Nord et les Etats déjà membres de l’organisation ouest-africaine, estime l’économiste Idrissa Yaya Diandy, enseignant à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar.

"La création d’une zone économique suppose l’existence d’un certain nombre de préalables et de facilités des Etats membres. S’il y a trop de disparités entre les adhérents, il peut y avoir des effets non désirés", avertit M. Diandy.

Il intervenait à un atelier de formation du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES), dimanche, à Saly-Portudal (ouest), sur "le rôle de la monnaie dans des économies comme le Sénégal".

"Le Maroc a une économie beaucoup mieux structurée que celles des pays de la Cédéao. Si ce pays adhère à l’espace Cédéao, tous les efforts de convergence déployés par les pays appartenant aux deux institutions (la Cédéao et l’UEMOA) en vue de la création d’une zone monétaire optimale seront anéantis", prévient Idrissa Yaya Diandy.

Il estime qu’en cas d’intégration du Maroc à la Cédéao, "il y aura une très grande hétérogénéité à cause de laquelle il serait très difficile pour ces pays de partager une monnaie commune".

"Pour qu’il y ait une zone monétaire optimale, il faut que l’écart de développement des pays ne soit pas trop grand. Il faut que les niveaux de développement des pays membres soient proches les uns des autres, pour qu’il y ait une politique économique cohérente", a souligné M. Diandy en relevant le caractère "très hétérogène" de la relation du Maroc avec les 15 pays de la Cédéao.

Il rappelle que le tarif extérieur commun (TEC) entré en vigueur depuis janvier 2015 dans les Etats de la Cédéao - grâce auquel un produit en provenance d’un pays extérieur aux Etats membres de l’organisation est taxé au même taux, quel que soit son point d’entrée dans la zone – a permis de supprimer les barrières douanières au sein de l’organisation.

"Une zone économique suppose aussi la libre circulation des capitaux, alors que nos économies n’ont pas de structures économiques fortes pour pouvoir supporter la concurrence des entreprises marocaines", avertit-il.

"Quand on parle d’intégration, c’est pour que les uns et les autres en tirent profit. Mais s’il n’existe pas un minimum de critères de convergence entre les Etats, il peut y a avoir des (...) crises majeures pour les économies faibles", prévient Idrissa Yaya Diandy.

Le Maroc a fait part de son désir d’intégrer la Cédéao, créée en 1975, une perspective saluée par certains experts et dirigeants ouest-africains, mais non désirée par d’autres. 

SBS/ESF