Les pays africains appelés à améliorer les capacités de gestion de la dette
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Les pays africains appelés à améliorer les capacités de gestion de la dette

Dakar, 1er août (APS) - Les pays d’Afrique subsaharienne sont appelés à améliorer leurs capacités de gestion de la dette pour une stabilisation de leur économie à terme, au regard de leur niveau d’endettement et du glissement de la dette extérieure vers des sources de financement "plus risquées" et "plus coûteuses", indique l’Évaluation annuelle des politiques et institutions nationales en Afrique (CPIA) de la Banque mondiale.

"Combinés, la hausse des niveaux d’endettement et le glissement de la dette extérieure vers des sources de financement plus risquées, plus coûteuses et reposant davantage sur le marché ont sensiblement accru la vulnérabilité des pays IDA d’Afrique subsaharienne vis-à-vis de l’endettement", avancent les auteurs du nouveau rapport CPIA dont un résumé a été transmis à l’APS.
 
Ils recommandent aux pays concernés "d’améliorer leurs capacités et systèmes de gestion de la dette", ce qui devrait contribuer "à accroître la transparence et à stabiliser l’économie à long terme".
 
Le rapport, examinant "plus attentivement la question de la gestion de la dette", note qu’en 2018, "le montant de la dette publique par rapport au PIB a atteint environ 54,9 % du PIB, soit une hausse de 18,5 points de pourcentage depuis 2013". 
 
"Dans le même temps, ajoute le document, la proportion d’obligations libellées en devises dans l’ensemble de la dette extérieure s’est accrue de 10 %, tandis que la proportion de l’endettement envers des créanciers commerciaux et extérieurs au Club de Paris a augmenté de cinq points depuis 2010 et les émissions d’obligations souveraines ont fortement progressé".
 
"Certains pays africains risquent d’hypothéquer l’avenir de leur population en privilégiant la consommation immédiate", souligne Albert Zeufack, économiste en chef pour l’Afrique à la Banque mondiale, cité dans ce rapport. 
 
Or, poursuit M. Zeufack, lorsque "les pays consacrent la majeure partie de leurs recettes au service de la dette, une quantité moindre de ressources est disponible pour l’éducation, la santé et d’autres services essentiels pour les habitants. Le progrès est alors stoppé net dans son élan."
 
En 2018, apprend-on du même rapport, "le montant de la dette publique par rapport au PIB a atteint environ 54,9 % du PIB, soit une hausse de 18,5 points de pourcentage depuis 2013". 
 
"Dans le même temps, la proportion d’obligations libellées en devises dans l’ensemble de la dette extérieure s’est accrue de 10 %, tandis que la proportion de l’endettement envers des créanciers commerciaux et extérieurs au Club de Paris a augmenté de cinq points depuis 2010 et les émissions d’obligations souveraines ont fortement progressé", affirment les auteurs du rapport.
 
En conséquence, la note CPIA moyenne attribuée aux 38 pays africains remplissant les conditions nécessaires pour bénéficier de l’aide de l’Association internationale de développement (IDA) est restée inchangée en 2018 à 3,1 sur une échelle allant de 0 à 6, selon le rapport. 
 
Le document soutient que la politique sociale "s’est certes améliorée dans certains domaines, mais la gestion macroéconomique s"est détériorée". 
 
"Le contexte actuel en matière de primauté du droit, de redevabilité et transparence ainsi qu’en ce qui concerne la qualité des administrations publiques est toujours un obstacle à une utilisation efficiente des ressources publiques dans la région", peut-on lire.
 
"Avec une note de 4.0, le Rwanda continue d’occuper la première place au classement CPIA tant en Afrique que dans le monde. Dans la région, il est suivi par Cabo Verde (3,8) et le Kenya, le Sénégal et l’Ouganda (tous trois notés 3,7)", font savoir les auteurs du rapport, précisant que le Soudan du Sud "reste le pays le plus mal noté (1,5) au classement CPIA".
 
Plus généralement, le rapport "recommande aux pays IDA d’Afrique d’accélérer la réforme de la réglementation de l’activité économique afin de promouvoir le développement du secteur privé et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques intérieures en plus de renforcer leur gestion de la dette".
 

BK/OID