Abéné : Des hôteliers protestent contre l’installation d’une unité industrielle
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Abéné : Des hôteliers protestent contre l’installation d’une unité industrielle

Abéné (Kaffountine), 1er fec (APS) – Des hôteliers basés sur le site touristique d’Abéné, à quelques encablures de la station balnéaire de Kaffountine (Bignona, sud) ont dénoncé jeudi l’installation d’une unité industrielle qui ‘’risque de nuire à l’activité touristique de la localité’’.
 
‘’Nous avons peur. Notre activité est menacée par cette usine qui dégage jour et nuit des nuisances qui vont fuir la clientèle’’, a déclaré Jeanne Coly, propriétaire d’un campement touristique à Abéné.
 
Elle s’exprimait au cours d’un point de presse d’un groupe d’acteurs touristiques sur l’installation de cette usine de fabrique de farine de poissons et d’huile de poissons dont le chantier est en cours à proximité de la mer et non loin des campements villageois.
 
Propriétaire et gérante d’un campement à Abéné depuis 28 ans, Jeanna Coly a confié avoir perdu sa clientèle. ‘’Les touristes se font de plus en plus rares. Ils ne viennent plus. Ils sont chassés par les bruits sonores. Il me reste quelques clients, ce sont les plus fidèles qui sont à Abéné juste pour un séjour’’, a regretté Mme Coly.
 
‘’Nos rares clients qui viennent ici n’ont plus droit à une sieste. Ils ont perdu toute quiétude dans nos réceptifs. Quatre groupes électrogènes fonctionnent au niveau de l’usine. On y tape le fer au milieu de la nuit’’, a ajouté Françoise Grosley, une française qui a sa propre installation touristique à Abéné depuis 12 ans.
 
‘’L’espace était tellement naturel avec plein d’oiseaux, des grenouilles et autres animaux. Tous ont disparu. Il y a une réelle menace écologique au-delà des enjeux touristiques. Avec une usine pareille, l’espace est infecté dans un rayon de deux kilomètres’’, a estimé Mme Grosley.
 
Bertoly Roger , Français marié à une Sénégalaise habite Abéné depuis 12 ans. Il soutient que l’installation de cette unité industrielle au milieu des campements villageois constitue une ‘’catastrophe écologique compte tenu de l’odeur nauséabonde des eaux usées qui découlent du traitement des poissons’’.
 
‘’Nous n’étions pas impliqués dans le processus d’installation de cette usine. Nous nous sommes levés un bon matin et nous avons vu un début de chantier. Ce qui est une vraie catastrophe pour nous. Nous avons investi ici en achetant des espaces et en construisant des maisons et des campements’’, a dénoncé Françoise Grosley.
 
Dans le périmètre de cette unité industrielle, de gros chantiers sont en cours. Plusieurs ouvriers chinois sont à pied d’œuvre. Mais, personne n’a voulu s’adresser aux journalistes qui venaient recueillir leur version.
 
Interpellé par des journalistes, le maire de la commune de Kaffountine Victor Nfansou Diatta, dont le conseil municipal a attribué le site à des partenaires chinois, a déclaré que la procédure de cession du terrain ’’est légale’’.
 
‘’Il y a six mois, nous avons été sollicités par des partenaires pour l’installation d’une unité de traitement de produits halieutiques. Nous avons trouvé à Abéné une assiette foncière et les populations ont décidé de céder ces terres en contrepartie d’un paquet de projets sociaux’’, a expliqué le maire de Kaffountine.
 
‘’Il y a eu une adhésion des populations y compris les acteurs du tourisme. Le Conseil municipal avait délibéré. Une convention nous lie avec le promoteur qui promet de construire une mosquée, une église, sans compter l’acquisition d’une ambulance et d’autres projets sociaux’’, a poursuivi Victor Nfansou Diatta.

MTN/OID/ASG