Vers un réseau de semenciers à l’échelle sous-régionale
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SENEGAL-AFRIQUE-AGRICULTURE

Vers un réseau de semenciers à l’échelle sous-régionale

Saly-Portudal, 28 nov (APS) - L’Ecole nationale supérieure d’agriculture (ENSA) de l’Université de Thiès est en train de travailler à la création d’un réseau d’acteurs semenciers, dans le but de contribuer au renforcement des capacités de production, de conditionnement et de stockage de semences en Afrique, a appris l’APS, lundi.
 
Le directeur de l’ENSA, le professeur Abdoulaye Dieng, en a fait l’annonce, à l’occasion du démarrage d’une session de formation destinée à une cinquantaine d’acteurs semenciers de la sous-région ouest-africaine.
 
"Il s’agira, au-delà de cette formation, de créer un réseau d’acteurs permettant de bâtir, au niveau sous-régional, des sociétés semencières crédibles, de très haut niveau, qui puissent répondre à la demande en matière de semences à travers la maîtrise des outils et techniques de production, de conditionnement et de stockage", a-t-il expliqué.
 
Compte tenu de leur appartenance commune à l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et à la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), certains pays de la sous-région sont confrontés à "des problèmes identiques" dans ce domaine, a souligné le directeur de l’ENSEA. 
 
Sur cette base, "le fait d’avoir des sociétés semencières de qualité dans l’un ou l’autre des pays constitue un gage de sécurité pour ce qui concerne le développement agricole", a estimé le professeur Dieng.
 
"La question des semences nous intéresse particulièrement, puisque c’est la raison pour laquelle, au niveau de l’ENSA, nous avons créé un master sur les sciences et les technologies semencières que nous venons de démarrer le 7 novembre dernier", a-t-il signalé. 
 
"Nous avons déjà envisagé d’aller au-delà pour des formations diplômantes dans le domaine des semences, afin de combler le gap qui existe aujourd’hui et dont tout le monde est conscient", a indiqué Abdoulaye Dieng.

Outre ce master, il est créé un autre en agronomie et production des cultures, deux nouvelles filières qui viennent selon lui répondre à une demande, dans le cadre de la diversification des offres de formation à l’ENSA, telle que déclinée dans son plan stratégique 2016-2019.

Les systèmes semenciers africains évoluent dans un contexte de déficit en ressources humaines bien formées, ce qui "impacte négativement" sur la qualité et la disponibilité des semences et sur l’amélioration de la sécurité alimentaire, notent les organisateurs de ce séminaire.
 
Dans ce cadre, le programme de partenariat pour la promotion des semences et autres technologies de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (SST-AGRA) de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a appuyé la mise en place d’un programme sous-régional de formation sur les semences en Afrique de l’Est, structuré autour d’un institut de gestion d’entreprises semencières (SEMI).
 
 "Le grand succès de ce programme de formation a encouragé son élargissement pour la région francophone en Afrique de l’Ouest, en partenariat avec l’ENSA de l’Université de Thiès", a expliqué le professeur Matar Mour Seck, son recteur.
 
Aussi cette formation prévue pour se poursuivre jusqu’au 9 décembre regroupe-t-elle des délégués du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal, dans le cadre de sa mise en œuvre de ce programme en Afrique de l’Ouest.
 
ADE/BK/ASB