Thiès : la distribution des semences de pomme de terre bat son plein
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SENEGAL-HORTICULTURE-SEMENCES

Thiès : la distribution des semences de pomme de terre bat son plein

Thiès, 6 déc (APS) - La distribution des semences de pomme de terre bat son plein, au sein de l’Association des unions maraîchères des Niayes (AUMN), pour permettre aux 17.500 petits producteurs membres, de préparer la saison froide, plus propice aux emblavures de légumes dans cette zone, principale pourvoyeuse de productions horticoles pour les reste du pays. 
 
Au siège de l’AUMN sis au quartier Malick Sy de Thiès, les camions déchargent, depuis le mois dernier, les uns après les autres les cargaisons de semences de pomme de terre importées de la France. 
 
C’est le va-et-vient incessant des producteurs qui viennent vérifier s’ils pourront recevoir les commandes passées. Dans une partie de la cour, des sacs de pomme de terre sont entreposés sur une hauteur de plus de deux mètres. 
 
En ce moment, seule la "spunta", une des cinq variétés principales cultivées dans les Niayes, est disponible. Assis dans son bureau, le téléphone collé à l’oreille, Mamadou Ndiaye est le maître d’orchestre de tout ce dispositif. 
 
En tant que coordonnateur de l’AUMN, qui polarise 17.500 petits producteurs, membres de 368 groupements affiliés à 18 unions, il supervise toute la distribution de semences de pomme de terre. Il doit orienter un camionneur en cours de route, par-ci, vérifier les reliquats des producteurs sur les marchandises livrées, par-là, ou encore rassurer d’autres qui appellent pour s’assurer de leur date de livraison. 
 
Pour cette année, les importations de semences de l’organisation paysanne s’évaluent à 599,5 tonnes, dont les 408 subventionnées à hauteur de 50% par l’Etat dans le cadre du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture (PRACAS). 
 
Les 191 tonnes supplémentaires sont acquises exclusivement par la structure faîtière, à raison de 650.000 francs le tonne. Le sac de 25 kilos subventionné est cédé à 8.500 francs. 
 
Ce producteur qui habite à Kontio dans la commune de Darou Khoudoss, est venu chercher ses 23 sacs pour emblaver sa parcelle où se côtoient divers types de légumes, dit-il. Les montants en jeu se comptent par millions de francs CFA. 
 
C’est à la hauteur de l’impact économique du maraîchage pratiqué dans la zone des Niayes, dans l’économie de la région de Thiès, voire du pays, même si des statistiques régionales ne sont pas, pour le moment, disponibles sur ce secteur. 
 
Hormis les chiffres détenus par des organisations, le secteur est vierge en termes de statistiques. Le directeur régional du développement rural (DRDR) Mamadou Guèye relevait que les statistiques horticoles sont le "ventre mou" de son service. 
 
Située à gauche de l’axe Dakar-Saint-Louis, la zone des Niayes est coincée entre la route et la grande côte. Cette bande de terre qui va de Sangalkam dans la région de Dakar, à Gandon au Nord, est très propice à l’horticulture en raison d’un climat doux, d’une nappe phréatique peu profonde, explique le coordonnateur de l’AUMN. 
 
Des Niayes proviennent "60% des légumes produits au Sénégal et 80% des produits horticoles exportés", indique, a-t-il indiqué jeudi à l’APS. L’AUMN se définit à la fois comme un "syndicat et une entreprise agricole". 
 
Elle centralise les commandes de ses membres, assure les importations d’intrants – semences – engrais et matériel, bénéficiant ainsi de prix réduits grâce aux achats groupés. Elle les redistribue aux petits producteurs. 
 
Présente de Dakar à Saint-Louis y compris dans les trois principales zones de production horticole, que sont Mboro, Kayar et Notto, l’AUMN est une "association paysanne de troisième niveau" très influente dans la zone.

ADI/ASB/OID