Thiès : des chercheurs et des paysans planchent sur les sources de tension autour des semences
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AFRIQUE-AGRICULTURE

Thiès : des chercheurs et des paysans planchent sur les sources de tension autour des semences

Thiès, 20 nov (APS) - Des chercheurs venus de la France et du Canada, ainsi que des organisations paysannes du Burkina, du Mali et du Sénégal tiennent depuis lundi à Thiès, une rencontre dont le but est de caractériser les sources de tensions entre firmes favorables à la privatisation des semences et les paysans qui y sont opposés.

Cet atelier sur la gouvernance adaptative des stratégies de gestion de la biodiversité cultivée,inscrit dans le cadre du projet COEX,se tient jusqu’à mardi,avec une cinquantaine de participants,au centre forêt de la capitale du rail
                                

Le Projet COEX "Gouvernance adaptative des stratégies de gestion de la diversité cultivée", démarré en janvier 2017, est appuyé par l’Agence nationale de la recherche (ANR, France) et la Fondation Agropolis.
 
 
"L’idée, c’est de travailler à la diversité des systèmes semenciers, de caractériser la diversité des accès, de la distribution et d’éviter la logique de confrontation entre le secteur formel et le secteur informel", a dit Sélim Louafi, responsable du projet.
 
Pour lui, la recherche doit aider à atteindre une plus grande efficacité, en reconnaissant les richesses de chacun des deux systèmes, formel comme informel, pour refléter la diversité des pratiques.
 
M. Louafi a souligné la "complémentarité" des deux systèmes. Par exemple, pour des céréales comme le fonio, il n’existe pas de semences améliorées. "Que faudrait-il faire alors dans ce cas ?", s’est-il demandé, ajoutant que pour d’autres comme le maïs, la privatisation est plus importante.
 
Les semences paysannes concentrent des forces, en termes de qualités nutritionnelles, de meilleure faculté d’adaptation à des situations particulières, a-t-il ajouté, notant que de ce fait, elles sont plus aptes à lutter contre l’insécurité alimentaire.
 
La recherche a une responsabilité dans cette binarisation en travaillant avec les organisations paysannes pour refléter la diversité des systèmes semenciers.
 
Selon Alioune Ndiaye de l’Association sénégalaise des producteurs de semences paysannes (ASPSP), coordonnateur du Comité ouest-africain de semences paysannes (COASP), il s’agira d’analyser toutes les stratégies afin de voir comment améliorer la collaboration entre les acteurs de la diversité cultivée.
 
"Certaines firmes sont en train de privatiser certaines semences. Nous paysans, nous pensons que les semences sont de l’ordre du vivant et ne doivent pas être privatisées", a indiqué M. Ndiaye.
 
Cette rencontre s’attachera à explorer des accords entre la recherche et les paysans et à analyser les causes des tensions entre les firmes et les paysans. 
 
A la fin du projet en 2019, une charte devant orienter les paysans dans la signature des conventions devrait être adoptée. 
 
Dans cette perspective, à l’issue des travaux, les éléments nécessaires pour la rédaction d’un guide seront identifiés.
 
 

ADI/BK