Tacko Seck, une agricultrice qui s’impose par la force de l’exemple
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Tacko Seck, une agricultrice qui s’impose par la force de l’exemple

Kolda, 14 déc (APS) - La dame Tacko Seck, une agricultrice d’une quarantaine d’années, peut se targuer d’avoir battu, cette année, le record de production de son village de Sinthiang Lathiry, dans la région de Kolda (sud), où elle rêve d’installer une unité de transformation.

Dans ce village du département de Médina Yéro Foula où elle était venue rejoindre son époux il y a quelques années, la dame Tacko Seck exploite 5 ha de maïs, 7 ha de mil et 10 ha d’arachide, avec l’ambition de développer, à terme, une véritable chaine de valeur, de la production à la transformation.
 
"J’ai démarré l’agriculture en 2007 avec un demi ha d’arachide et cette année-là, malgré les difficultés" rencontrées en termes de moyens et de commercialisation, "j’ai pris conscience que je pouvais faire encore plus dans le domaine de l’agriculture".
 
Elle a dit avoir pris goût à cette activité à partir de ce moment en augmentant les surfaces qu’elle exploitait et en diversifiant les spéculations, "d’année en année".

"Mon rêve, c’est d’installer dans mon village une unité de transformation de produits" agricoles à partir des céréales (mil, mais et riz), de la production à la commercialisation en passant par la transformation, jusqu’au label "made in Sinthiang Lathiry", a indiqué Tacko Seck, la quarantaine, teint noir.
 
"Je veux démontrer que nous pouvons réussir ici. Il suffit d’avoir la volonté et ensuite d’aller à la recherche de moyens et de partenaires", ajoute Tacko Seck, originaire de la région de Tambacounda, également propice aux activités agricoles.
 
Pour atteindre ses ambitions, elle n’a pas hésité à contracter un prêt dans une institution de microfinance basée à Kolda pour financier sa participation à la campagne agricole.
 
"J’ai participé à plusieurs formations de femmes" qui m’ont permis de comprendre "qu’il fallait faire des démarches pour obtenir des financements. J’ai donc contracté un prêt pour développer mon activité agricole, et après la commercialisation, j’ai pu rembourser ce prêt. Les bénéfices engrangés m’ont permis de diversifier mes activités", a-t-elle indiqué.
 
Tacko Seck a ainsi acheté un moulin, financé une boutique tout en s’investissant dans l’aviculture, de même qu’elle a pu acquérir une machine pour son mari artisan, le reste de ces investissements consistant à acheter des intrants.
 
"Mon problème, c’est le matériel agricole, je veux avoir une machine, car pour louer la machine, notamment un tracteur, il faut attendre que les hommes soient les premiers servis. C’est un handicap pour moi, car cette année, j’avais l’ambition de doubler voire tripler les hectares à exploiter, mais j’ai eu un retard avec la disponibilité du seul tracteur pour la zone", a-t-elle expliqué.
 
Se disant très fière de son activité à travers laquelle elle parvient à prendre en charge les besoins de sa famille, les frais sanitaires et d’éducation, sans compter les soutiens ponctuels qu’elle apporte à son mari dans le cadre du développement de la petite menuiserie que ce dernier tient dans le village.
 
Pour la présente campagne agricole, les exploitations de Tacko Seck ont produit 30 tonnes de mil, 50 tonnes d’arachide et 20 tonnes de maïs, un résultat dont elle peut d’autant plus s’enorgueillir qu’elle a battu le record de production dans son village.
 
 
MG/BK/AKS