Lancement d’un programme visant la résilience des populations rurales
APS
SENEGAL-AGRICULTURE

Lancement d’un programme visant la résilience des populations rurales

 
Diamniadio, 30 juin (APS) - Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Moussa Baldé, a lancé mardi le programme "SD3C G5 Sahel", destiné à renforcer la résilience des populations rurales face aux changements climatiques, aux conflits et à la Covid-19.
 
Ce programme conjoint entre l’Etat du Sénégal et trois agences des Nations unies (FIDA, FAO, PAM) a pour perspective d’assurer une meilleure prise charge des contraintes des exploitations agricoles familiales, des petits producteurs à faible revenu, des associations de producteurs et éleveurs, a indiqué M. Balé.
 
Il cible aussi les groupes socioprofessionnels faiblement représentés mais aussi, et surtout, des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap, a-t-il ajouté.
 
L’objectif du programme SD3C est de "consolider les moyens d’existence des petits producteurs, en particulier les femmes et les jeunes vivant en zone transfrontalière par l’adoption d’approches de production durable et d’approches de cohésion sociale et de transformation du genre", a-t-il souligné.
 
Il a précisé qu’il s’agit d’un programme "transversal, en ce sens qu’il est axé sur le climat, le genre, la nutrition et la jeunesse avec une opérationnalisation en mode d’urgence".
 
Selon lui, "il vient s’ajouter à une panoplie d’initiatives de développement local mises en place par l’Etat du Sénégal".
 
Ce lancement "est la concrétisation d’une ambition manifestée au cours des négociations d’octobre dernier par les États membres du G5 Sahel, le Sénégal et le FIDA, qui était de voir le démarrage effectif du programme SD3C avant la fin du premier semestre de l’an 2021", a déclaré le représentant régional du Fonds international de développement agricole (FIDA) en Afrique de l’Ouest, Benoit Thierry.
 
La mise en œuvre de ce projet permettra de "garantir une intégration et une durabilité effective dans la chaine des valeurs allant de la production tenant compte des enjeux nutritionnels, au renforcement des capacités de gestion après-récoltes, à la commercialisation de produits dans un environnement social stable", a-t-il ajouté.
 
L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Partie prenante du programme, interviendra avec une assistance à la production couplée à un transfert monétaire au profit de ménages agricoles et pastoraux vulnérables.
 
Le coordonnateur sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, Gouantoueu Robert Guei, signale qu’il est prévu "des interventions techniques, sociales et financières, à travers les champs écoles agropastoraux, les clubs d’écoute et les associations villageoises d’épargne et de crédit". Il sera mis en œuvre dans cinq régions et huit départements. 
 
Les interventions menées par le Programme Alimentaire mondial à travers une approche intégrée permettent à la fois de renforcer la résilience des communautés les plus vulnérables par l’amélioration de leurs capacités de production la préservation des actifs par l’assurance indicielle et surtout par la mise en œuvre du programme de cantines scolaires à base de produits locaux véritable opportunité de marché pour les petits agriculteurs, a relevé pour sa part la Directrice Représentante du PAM au Sénégal, Fatiha Terki dans son discours.

’’En réalité, les opportunités d’emplois durables créées constitueront un véritable facteur de développement pour les localités couvertes et ce dans un contexte socioéconomique rendu encore plus difficile par la pandémie de Covid-19’’, a ajouté Mme Terki.
 
Le programme interviendra, pour sa première phase (2021-2023), dans les départements de Kanel (Matam), Podor (Saint Louis) et Goudiry (Tambacounda).
 
Pour sa deuxième phase (2024-2026), il sera étendu aux zones de Ranérou, Matam, Bakel, Salémata et Saraya.
 
D’une durée de six ans, le programme "SD3C" ambitionne de toucher au Sénégal 18.000 ménages agropastoraux pour un total de 180.000 personnes dont 50% de femmes adultes et 40% de jeunes des deux sexes.
 
Le montant total du financement s’élève à 27,948 millions de dollars, y compris le financement parallèle du fonds vert pour le climat. 
 
Pour la première phase d’une durée de trois ans, le montant global des financements mobilisés s’élève à 3,74 milliards de francs CFA.


ADL/ASG/BK