L’Afrique doit cesser d’être le seul continent importateur net de produits agricoles (Pape Abdoulaye Seck)
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SENEGAL-FRANCE-AGRICULTURE

L’Afrique doit cesser d’être le seul continent importateur net de produits agricoles (Pape Abdoulaye Seck)


+++De l’envoyé spécial de l’APS : Pape Ousmane Ngom+++

Paris (France), 4 mars (APS) – L’Afrique doit cesser d’être le seul continent importateur net de produits agricoles et se développer grâce à son agriculture, a soutenu, samedi à Paris (France), le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Dr Pape Abdoulaye Seck.
 



Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a lancé cet appel lors de la journée du Sénégal, à la 54-e édition du Salon international de l’agriculture de Paris (SIA, 25 février-5 mars) axée sur le thème : "Agriculture : une opportunité pour l’Afrique, une priorité pour le Sénégal".

Le Dr Pape Abdoulaye Seeck a exhorté à "inventer un futur agricole pour nous nourrir sur une base endogène". "Nous devons aller au-delà des questions théoriques et être concrets", a-t-il dit devant des directeurs généraux, des chefs de projet, des partenaires français et des Sénégalais de la diaspora.



Saluant la "vision du chef de l’Etat qui a engagé le Sénégal dans un pari difficile mais excitant en harmonie avec les enjeux actuels et futurs du développement économique", il a revisité en partie les mesures "concrètes" prises par le gouvernement pour changer la physionomie de l’agriculture sénégalaise et leur impact réel et potentiel.


Il a partagé avec son auditoire les efforts accomplis par l’Etat pour rendre disponibles et accessibles des facteurs de production de qualité pour doper la productivité. Il s’est agi, a-t-dit, de subventionner l’engrais à hauteur de 55%, les semences à 41%, les matériels agricoles attelés (70%) et les produits phytosanitaires à 100%.


Le matériel agricole importé a été détaxé et l’Etat injecte annuellement une enveloppe de 5 milliards de francs CFA pour la reconstitution du capital semencier et autant d’argent par an pour le matériel de culture attelé, a fait remarquer Pape Abdoulaye Seck. Il a relevé que des efforts sont consentis pour la maîtrise de l’eau avec la décision de mettre chaque année 5000 ha de périmètres irrigués villageois à la disposition des petits producteurs de la Vallée.


L’aménagement des 20.000 ha par le projet de développement inclusif et durable de l’agribusiness au Sénégal (PDIDAS) pour le développement de l’agriculture commerciale inclusive et une gestion durable des terres dans la vallée du Ngalam et autour du lac de Guiers et la remise en exploitation des bas-fonds au sud du pays ont été également cités par le ministre.


Pape Abdoulaye Seck a salué la reprise par l’Etat de la SONACOS et le dynamisme de cette société qui a collecté avant la fin de la campagne de commercialisation de l’arachide 70.000 tonnes contre 7189 l’année dernière. Il a souligné que le "gouvernement a réuni les conditions pour produire plus et mieux, chemin menant vers la sécurité alimentaire".


C’est pourquoi le ministre de l’Agriculture a fait savoir que "la révolution agricole en cours doit être précédée d’une révolution des attitudes et des comportements devant permettre aux agriculteurs d’avoir un statut social".


"L’agriculture qui est en mouvement accéléré, doit l’être davantage avec la contribution des Sénégalais de la diaspora. Cela permettra à terme au Sénégal de nourrir le Sénégal et d’être présent dans tous les marchés mondiaux pour jouer sa partition dans la politique de sécurité alimentaire et nutritionnelle de l’humanité".


Pour sa part, Serigne Mboup, président de l’Union nationale des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture (UNCCIAS), a magnifié le choix du Sénégal de faire du secteur primaire le principal pilier pour son développement économique. Il a en outre appelé à organiser au Sénégal un salon semblable à celui de Paris, de renforcer la présence des producteurs sénégalais dans d’autres rencontres internationales et de créer un label, une certification Sénégal.


PON/ASG/MS