Thione Seck, commandeur de l’Ordre national du Lion à titre posthume
APS
SENEGAL-CULTURE-DISTINCTION

Thione Seck, commandeur de l’Ordre national du Lion à titre posthume

Dakar, 17 mars (APS) - Le chef de l’Etat Macky Sall a annoncé mercredi avoir décidé de décerner, "à titre posthume, la distinction de commandeur de l’Ordre national du Lion’’ au chanteur Thione Seck, "parolier visionnaire et compositeur réputé", décédé dimanche dernier à l’âge de 66 ans.


Le président de la République, présidant le même jour la réunion du Conseil des ministres, a informé les membres du gouvernement de "sa décision de lui décerner, à titre posthume, la distinction de commandeur de l’Ordre national du Lion".
 
Macky Sall a par ailleurs "présenté les condoléances de la nation, au monde de la Culture, à la famille et aux proches de feu Thione Ballago Seck, arraché brutalement à notre affection".
 
"Thione Ballago Seck fut l’un des plus grands musiciens de l’histoire du Sénégal. Parolier visionnaire et compositeur réputé, il a toujours développé un style musical spécial, faisant de ses œuvres, des références nationales et internationales", souligne le communiqué du Conseil des ministres.
 
Il avait intégré à 16 ans une troupe de théâtre, puis le "Star Band" de la légende Ibra Kassé, où il a évolué avec le célèbre Laye Mboup, avant de rejoindre l’Orchestra Baobab, au sein duquel il monnaya son talent de 1973 à 1977. 
 
Le chanteur lance ensuite un premier groupe "Thione Seck et son ensemble", composé de membres de sa famille au début des années 1980, juste avant de fonder le "Raam Daan" en 1984, considéré comme "un mouvement de sensibilisation spirituelle" dans lequel il évoluait avec son petit frère Mapenda Seck et Mountaga Kouyaté, un ex de l’Orchestra Baobab.
 
Thione Ballago Seck se disait définitivement convaincu qu’une chanson "sert à véhiculer un message, une prédication, un avertissement et une dénonciation sociale".
 
De par les paroles de ses chansons, leur plein sens et leurs profondes connotations, Thione Seck éduquait, ramenait au quotidien de valeurs partagées, jugées fondamentales, interpellait également au besoin sur les tares de la société sénégalaise.
 
Sa légende s’est justement nourrie de la richesse de ses textes, qui parlent, au-delà du mélomane, à la plupart de ses compatriotes.
 
Celui que l’on a toujours qualifié de "griot des temps modernes" était également vu comme "un humaniste engagé", qui a profondément marqué la musique sénégalaise depuis plus de quarante ans.
 
Son dernier projet intitulé "La CEDEAO en chœur", en phase de réalisation, était présenté comme un "album fédérateur" auquel devaient participer plusieurs artistes de la sous-région ouest-africaine.

BK/ASG