Un philosophe publie pour inciter au ‘’savoir-vivre’’ et à la ‘’bonne conduite’’
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SENEGAL-SOCIETE

Un philosophe publie pour inciter au ‘’savoir-vivre’’ et à la ‘’bonne conduite’’

Dakar, 17 mars (APS) – Inciter au ‘’savoir-vivre’’ et à la ‘’bonne conduite’’ : c’est le double objectif de l’écrivain Idrissa Bâ, professeur de philosophie à la retraite, qui a publié la pièce de théâtre ‘’Et si tout le monde faisait comme il veut…’’ (Editions La Bruyère).
 
‘’Ce que je vise dans mon livre, c’est d’inciter au savoir-vivre, à la bonne conduite’’, a déclaré M. Bâ, ancien professeur de philo au Lycée Seydina Limamoulaye, dans un entretien avec l’APS, mardi, à quelques semaines de la parution de son dernier livre.
 
‘’En plus de son aspect provocateur, le titre de mon ouvrage est assez éloquent. J’y présente le conflit entre la liberté désordonnée, individualiste et narcissique, et la réglementation sociale’’, a commenté le professeur de philosophie à la retraite, ancien proviseur du lycée René-Teulade de la commune de Sakal, dans la région de Louga (nord).
 
Il ajoute, concernant la finalité de son écriture : ‘’Mes motivations sont littéraires et liées au plaisir d’écrire. La création d’œuvres littéraires, dans tous les genres, a été mon rêve depuis toujours. Une œuvre littéraire peut être un truchement pour véhiculer des idées philosophiques. Ce n’est d’ailleurs pas nouveau.’’
 
‘’Je suis convaincu qu’il doit exister une relation indéfectible entre esthétique et éthique, entre création littéraire et éducation’’, a poursuivi l’écrivain, auteur d’une douzaine de livres.
 
Idrissa Bâ évoque également les ‘’hésitations’’ de ceux qui ont le désir d’écrire, qui sont partagés, selon lui, entre le ‘’plaisir’’ et la ‘’douleur’’ de tenir la plume.
 
‘’C’est le lieu de dire qu’aucun auteur, si talentueux soit-il, ne peut écrire à main levée. Il y a parfois des hésitations. Certains restent pensifs pendant longtemps. Il y en a qui en mordillent leur écritoire. (…) Ecrire, c’est comme accoucher, d’où une certaine ambivalence qui implique à la fois plaisir et douleur’’, a analysé M. Bâ.
 
Il estime que l’importance d’une œuvre littéraire se mesure à son rapport à l’être humain. ‘’Une œuvre, si belle soit-elle, est superflue si elle n’a pas de finalité humaniste et humanisante, si son objectif n’est pas d’amener chacun d’entre nous à prendre conscience de son rôle constructif à l’égard de son semblable et de sa société’’, philosophe-t-il.
 
De cette considération de la finalité de l’œuvre humaine découle ‘’l’importance des comportements citoyens que je mets en évidence dans certains de mes écrits, dont ce livre’’, a expliqué M. Bâ.
 
L’ancien chef d’établissement scolaire, originaire de Saint-Louis (nord), dit aussi tenir la plume pour tirer la ‘’sonnette d’alarme sur notre égo solitaire, spontané et aveuglant…’’
 
‘’Nous sommes à une période où notre société souffre véritablement d’un pathos gravissime, pour lequel l’un de nos refuges les plus simplistes est le fatalisme consistant à créer un bouc émissaire par la mauvaise foi, afin de se libérer du sentiment de culpabilité’’, analyse ce membre du Cercle des poètes et écrivains de Saint-Louis.
 
’’A cela s’ajoute l’impunité qui vient rendre la plaie sociale plus béante, tendant à l’amener à un état de putréfaction alarmante. Le public que je cible est divers : femmes et hommes de lettres, éducateurs, universitaires et lycéens…’’ explique-t-il.
 
M. Bâ d’ajouter : ‘’Ce livre a subi beaucoup d’améliorations au fur et à mesure que se déroulaient les représentations théâtrales, au Théâtre national Daniel-Sorano et par la compagnie ‘Etoiles d’Afrique’ de Saint-Louis, dont je suis le directeur, fondateur et metteur en scène.’’
 
Il annonce la publication d’autres ouvrages littéraires. ‘’Je dois préciser que celui-ci est l’antépénultième de mes livres, qui sont de différents genres. Il se trouve qu’il a eu la chance de paraître avant d’autres.’’


SG/ESF/OID