La littérature guinéenne s’oriente de plus en plus vers les problèmes de développement (écrivain)
APS
SENEGAL-GUINEE-CULTURE

La littérature guinéenne s’oriente de plus en plus vers les problèmes de développement (écrivain)

Dakar, 25 nov (APS) - La littérature guinéenne demeure engagée à certains égards mais elle s’oriente désormais de plus en plus vers les problèmes de développement, a soutenu le président de l’Association des écrivains de Guinée, Facély II Mara.

"La littérature guinéenne dans certains de ses aspects continue d’être une littérature engagée, il y a des auteurs qui sont sur cette piste, mais je crois qu’aujourd’hui, le problème de développement occupe une place importante", a-t-il dit.
 
Il s’entretenait avec l’APS, dans le cadre de la journée dédiée à la Guinée pour le compte de la 17e édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK) dont ce pays est l’invité d’honneur.
 
La délégation guinéenne participant à la FILDAK, forte d’une trente de personnes, compte des écrivains, éditeurs, journalistes, des miss de beauté, etc.

La 17e FILDAK, démarrée le 21 novembre dernier, prend fin ce mardi.
 
Selon le président de l’Association des écrivains de Guinée, les écrivains guinéens s’orientent de plus en plus vers des thématiques telles que l’environnement, les problèmes de santé, l’éducation, les droits humains, etc. 
 
"Ce n’est plus cet engagement politique de l’écrivain, le développement nous préoccupe davantage. J’écris moi-même sur des sujets des droits de l’homme et droits humains", souligne M. Mara, auteur du livre "Camp Boiro ou le sixième continent, voyage dans les entrailles d’une prison", paru en 2018 chez L’Harmattan-Guinée. 
 
A l’en croire, ce changement de perspective s’explique par les évolutions en oeuvre à travers le monde ces dernières décennies, des mutations qui ont également touché la Guinée.
 
"D’un régime qui avait ses connotations, ses orientations, on est tombé dans un autre régime qui a ses exigences et qui accorde beaucoup plus d’ouverture", a-t-il indiqué.
 
Ce climat désormais selon lui favorable fait que beaucoup d’auteurs comme Djibril Tamsir Niane, qui vivaient au Sénégal, sont rentrés au bercail. 
 
"Il y a des auteurs parmi nous qui ont cette coloration d’auteurs engagés, mais cela ne les amène nulle part, car le livre est très libre dans mon pays", ajoute Facély II Mara, par ailleurs journaliste, assurant que "la liberté de création est assurée en Guinée". 
 
Le président de l’Association des écrivains de Guinée fait de même état d’un regain d’engouement pour le livre en Guinée, le pays pouvant se prévaloir d’une "très bonne production littéraire (...)", avec une moyenne de "13 livres publiés par mois durant toute l’année 2018". 
 
La capitale de la Guinée, Conakry, a été ainsi désignée en 2017 capitale mondiale du livre par l’UNESCO et ambitionne de devenir à terme la capitale africaine du livre, selon l’écrivain guinéen
 
"Quand dans un pays, vous avez un président écrivain, des ministres écrivains, des écrivains déterminés qui pensent qu’il faut écrire, des écoles qui réclament des livres, le défi est extrêmement grand et il est là pour détruire toute résistance. Cela va continuer, nous sommes engagés à ce que notre capitale soit la capitale africaine du livre", a souligné M. Mara. 
 
Il reste que la question des moyens demeure. "Le talon d’Achille, il ne faut pas se le cacher, institutionnellement, il y a un ministère de la Culture, mais les moyens ne suivent pas toujours", dit-il. 
 
Mais malgré tout, Facély II Mara dit préférer qu’il y ait "des écrivains qui écrivent par plaisir", même s’ils ne peuvent compter sur des moyens pour les accompagner.
 
"Je suis pour le transfert de savoirs intergénérationnel, et quand on est motivé par cela, on peut aller. On se bat pour créer les meilleures conditions d’écriture, de rétribution de droits d’auteurs etc., il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas facile", a-t-il souligné.

FKS/BK/ASG