Les six cinéastes sénégalais en compétition au FESPACO 2019 : entre
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SENEGAL–CINEMA–CULTURE

Les six cinéastes sénégalais en compétition au FESPACO 2019 : entre "novices" et "habitués"

Ouagadougou (Burkina Faso), 20 fév (APS) - Quatre des six cinéastes sénégalais en compétition officielle à la 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) qui s’ouvre samedi prochain, participent pour la première fois à cette biennale du cinéma africain, les deux autres étant des habitués.

Il s’agit, pour les "novices", des réalisateurs Lobé Ndiaye avec son film "Femme lionne", Khadidiatou Sow, avec "Une place dans l’avion", Mor Talla Kandji, de "Ordur" et Katy Léna Ndiaye avec "On a le temps pour nous". Leurs films seront en compétition officielle dans les différentes catégories en lice.
 
Réalisatrice à la Radiotélévision sénégalaise (RTS), Lobé Ndiaye dit appréhender "sereinement" cette première participation pour "défendre les couleurs du Sénégal". "Nous y allons pour avoir le maximum de contacts, faire connaitre nos films", indique-t-elle.
 
"Femme Lionne", son court métrage, dresse le portrait de l’inspectrice de l’éducation Andrée-Marie Diagne Bonané, qualifiée de "militante du maintien des filles à l’école".
 
"C’est une femme multiple d’origine burkinabé qui a vécu 40 ans au Sénégal. Elle travaille infatigablement pour le maintien des filles à l’école", explique la réalisatrice dont le film est une coproduction entre le Conseil international des radios-télévisions d’expression française (CIRTEF) et la RTS.
 
A travers Mme Diagne, Lobé Ndiaye dit montrer à l’écran "la combativité de la femme et de toutes celles qui militent pour la place de la femme dans la société", dit-elle.
 
Sa collègue Katy Léna Ndiaye, réalisatrice du long métrage documentaire "On a le temps pour nous", met à l’écran le militantisme d’une génération à travers le rappeur burkinabé Smokey, membre du "Balai citoyen" ayant participé activement à la fin du règne de l’ancien président Blaise Compaoré, en 2014.
 
Ainsi, pour sa première participation, la réalisatrice sénégalaise qui vit en Belgique, présente son film en avant-première au FESPACO. Katy Léna Ndiaye, documentaliste, qui a à son actif deux films ("Traces empreintes de femmes" et "En attendant les hommes"), est journaliste de formation et présentatrice, de 2000 à 2018, des émissions "Reflets Sud" et "Afrique plurielle" sur "Tv5 Monde" et la Radiotélévision belge française.
 
Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou qui célèbre cette année son cinquantenaire sera "une grande porte" qui s’ouvre pour le jeune réalisateur Mor Talla Kandji qui y participe pour la première fois, mais "pas dans un esprit de compétitivité", précise-t-il.
 
"Je suis très content que mon film soit sélectionné, c’est mon premier film, et vu le grand succès du festival, je ne peux qu’être fier d’y participer", confie Mor Talla Kandji dont le film "Ordur" rend hommage à une catégorie de personnes dans la société sénégalaise.
 
"C’est un film sur la rencontre entre deux personnes, Kader, interprété par Ibrahima Mbaye, qui a tout perdu, et Gnilane, avec Ndèye Fatou Cissé (tous deux comédiens à Sorano), une habitante de la décharge de Mbeubeuss", raconte le réalisateur.
 
Il dénonce par ce biais ce regard souvent "négatif" posé sur ceux que Djibril Diop Mambety appelé "les petits gens".
 
La dernière des novices, Khadidiatou Sow, est la réalisatrice du court métrage fiction "Une place dans l’avion", qui a remporté pas mal de prix dans le monde. 
 
Son film traite "avec humour" la question de l’émigration au Sénégal et sur le continent africain de manière générale.
 
Khadidiatou Sow compte pour sa part profiter du FESPACO "pour voir le maximum de films africains". 
 
Les deux autres cinéastes en compétition officielle dans les catégories court métrage fiction, Angèle Diabang, avec "Sur un air de kora", et Cheikh Diallo, avec sa série "Garmi", sont des "habitués" du FESPACO.
 
Angèle Diabang a déjà fait plusieurs biennales avec ses films comme "Sénégalaises et Islam" (2007), projeté hors compétition, le documentaire sur le docteur Denis Mukwébé dénommé "Congo, un médecin pour sauver les femmes en 2015", etc.
 
Pour cette présente édition, Angèle Diabang, qui a reçu lundi le drapeau national des mains du directeur de la cinématographie, Hugues Diaz, au nom de tous les cinéastes en compétition, dit être "fière de représenter le Sénégal dans cette compétition du FESPACO".
 
"Nous y allons dans la solidarité, la confiance, une force. On est honoré de suivre les pas d’Alain Gomis, de Djibril Diop Mambety, de Sembène Ousmane, tous ces grands cinéastes sénégalais", souligne-t-elle.
 
Son film "Un air de kora", réalisé en fin 2017 avec les comédiens principaux Roger Salah qui joue aujourd’hui dans la série "Pod et Marichou" et Amie Hélène Sambou, raconte une relation d’amour "impossible" entre une fille de confession musulmane et un homme de religion catholique réunis grâce à la kora.
 
Le film "Garmi" qui représente le Sénégal dans la catégorie séries télévisuelles permet au réalisateur Cheikh Diallo de revenir au FESPACO après une première participation en 2017 avec son film "Kennen, l’autre", en hors compétition.
 
"C’est une fierté pour nous d’y participer avec cette série que nous avons mis trois ans à produire. Je suis très fier d’y aller une deuxième fois consécutive, cela veut dire qu’il faut continuer à travailler dur, car l’effort finit toujours par payer", fait-il valoir.
 
La série "Garmi", consistant en 26 épisodes de 26 minutes, renvoie à une classe sociale "noble" qui vit au 21e siècle avec ses codes, ses habitudes et surtout ses interdits malgré les influences.
 
Cheikh Diallo y traite de "la nature humaine qui échappe au rang social". Trois épisodes seront projetés lors de la compétition.
 
Le film a bénéficié du fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuel (FOPICA) à hauteur de 25 millions de francs CFA. On y retrouve de grands comédiens notamment Souleymane Cissé, Ibrahima Mbaye, entre autres pensionnaires du Théâtre national Daniel Sorano.
 
Lors du dernier FESPACO, en 2017, le Sénégal avait remporté l’Etalon d’or de Yennenga avec le film "Félicité" d’Alain Gomis, le premier prix documentaire avec le film "Kemtiyu Seex Anta" d’Ousmane William Mbaye et "Tundu Wundu" d’Abdoulahad Wone, meilleure série TV.
 
Le Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou, prévu du 23 février au 2 mars, célèbre cette année son cinquantenaire.
 
 
 


FKS/PON